Annales des Mines (1841, série 3, volume 19) [Image 125]

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MINERAIS DE PLOMB

dehors des villes, et surtout des ports de mer (1). 'en

Ainsi que je l'ai dit, les fourneaux sont construits

en moellons, presque sans aucune de ces nombreuses armatures en fer dont le prix augmente souvent du double celui de l'appareil en maçonnerie. Quelques contre-fbrts empêchent la poussée.

L'intérieur seul est mieux soigné. Au surplus,

lesfig. I, 2, 3, Pl. III, qui représentent deux

fourneaux appartenant à deux excellentes usines, donneront une idée plus exacte que ne le pourrait faire toute espèce de description. En général on varie peu les formes, et si l'on trouve des différences, elles sont simplement dans les dimensions : c'est ce qui a fait appeler le four ordinaire horno reverbero , et tous les autres plus petits boliches. On voit donc que boliche signifie un appareil de moindre dimension, quelles que soient , au reste , les dissemblances des mesures. Les approvisionnements en minerai étant opérés, on allume les fourneaux; ordinairement on n'a pas besoin de laisser longtemps les parois intérieures et les soles se sécher à l'air libre, parce que la température du pays en opère rapidement la dessiccation.

Dès que le chef fondeur a reconnu par l'habitude que tout est en règle et qu'on peut charger, il introduit dans le fourneau du minerai assorti (1) Les montagnes des Corbières et une partie de celles des Pyrénées-Orientales , qui renferment de nombreux gîtes métalliques , manquent souvent d'eau et de bois. Ne serait-ce pas le cas de tenter les usines simples, qui auraient de plus que les usines espagnoles les ressource des houillères de Ségure ?

MEM

DES ENVIRONS D'ALMERIA ET D'AMI A.

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en proportions diverses d'alcohol acerado et de grabillos.

On donne le "nom de liez à cette réunion de

minerais. Mais il est important de remarquer que jamais

un fondeur ne s'aventure à marcher, s'il n'a pas auparavant étudié le vent dominant et disposé. convenablement le registre, que les ouvriers espagnols comparent au gouvernail d'un navire et qui a pour but d'obtenir de la flamme un effet qu'on ne pourrait espérer si le canal de la cheminée était immédiatement appliqué à la voûte du réverbère.

Tout étant donc disposé, 60 arrobas de liga

sont projetées dans le fourneau avec des pelles ou une sorte d'instrument en tôle à rebords et garni de deux poignées. Cela fait, on relève le minerai tombé dans le bassin intérieur, et on range le tout sur la sole de

manière à présenter la plus grande surface possible à l'action de la flamme. On chauffe assez fortement, et on produit dans la première demi-heure

une flamme un peu réductive. Au bout d'une heure cependant, la flamme est beaucoup plus oxydante, Mais le fourneau est alors très-chaud,

et les ouvriers, qui ont souvent agité la matière avec

un simple ringard droit , la trouvent en pâte à

cette époque. Il y a déjà un peu de plomb. ruisselant ; peutêtre vient-il des carbonates réduits sous l'influence de la flamme réductive. On continue alors le brassage, qui ne s'exécute

pas en retournant la matière comme dans les fourneaux bretons, mais seulement en ouvrant la masse avec un fer pointu. Il est bien entendu