Annales des Mines (1840, série 3, volume 17) [Image 187]

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Pour préparer le gaz avec son huile légère, M. Selligue se sert de l'appareil suivant. Trois tubes situés vert icalemen t dans un fourneau d'une construction particulière y sont chauffés au rouge.

Le premier et le second renferment du charbon, et à mesure que ce charbon disparaît , on le remplace, opération qui s'exécute de cinq heures en cinq heures. Ce charbon est destiné à opérer la décomposition de l'eau qui est introduite en filet continu dans le premier tube , où elle se transforme en hydrogène et en oxyde de carbone, et en acide carbonique. Mais comme il importe d'é-

viter la production de l'acide carbonique, on

dirige les gaz fournis par le premier tube dans le tube suivant, où ils rencontrent encore du charbon incandescent à l'aide duquel l'acide carbonique formé d'abord est ramené à l'état d'oxyde de carbone. Par la disposition du fourneau, ce tube est le plus chaud des trois, ce qui favorise la décomposition totale de l'acide carbonique. Le troisième tube est rempli de chaînes en fer, dont l'objet est de présenter une grande surface métallique incandescente propre à distribuer la chaleur d'une manière égale et rapide aux gaz ou vapeurs qui vont le traverser. 11 reçoit d'une part les gaz provenant de la décomposition de l'eau, de l'autre un filet continu d'huile de schiste. Cette huile se décompose en produits nouveaux plus volatils et qui passent tout entiers avec le gaz dans un réfrigérant qui , en refroidissant les produits, en fait reparaître une partie. Les maillons de la chaîne ne se recouvrent d'aucun dépôt charbonneux. En faisant passer dans l'appareil 4 litres d'eau et 5 litres d'huile par heure, on se procure en une

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EXTRAITS,

journée de 20 heures 2 10,000 litres de gaz propre .l'éclairage. Le gaz ainsi préparé n'exige d'autre purification

que celle qui s'obtient par son passage à travers

un réfrigérant où se condense l'huile non décomposée, ainsi que la vapeur d'eau qui a résisté également à la décomposition. Il est absolument exempt de composés sulfurés et brûle sans répandre de mauvaise odeur. Loin de perdre de ses qualités en s'éloignant du gazomètre, le gaz ainsi obtenu devient d'un meilleur emploi. Refroidi jusqu'à 25° C. au-dessous de zéro, il ne perd pas sensiblement de son pouvoir éclairant. L'expérience prouve donc que si dans cette circonstance il se dépose des vapeurs combustibles hydrocarburées , il en reste toujours assez pour produire l'effet utile. Un bec de gaz, qui fournit une lumière égale à celle d'une carcel et deux tiers, consomme de lo5 à 1 20 litres de gaz à l'heure.

25. Extrait d'un l'apport sur un Mémoire présenté à I' Académie des sciences par M. Séguin, ayant pour titre : RECHERCHES SUR LA DISTILLATION DES MATIÈRES ANIMALES. ( Commis-

saires : MM. Arago, Becquerel, Pumas, Séguin; d'Arcet , rapporteur. ) ( Comptes rendus, 840

457.)

M. Séguin s'est proposé de recueillir les produits gazeux provenant de la distillation des matières animales, de les purifier convenablement, de les rendre propres à l'éclairage des villes, et Tome X1711, 1840.

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