Annales des Mines (1839, série 3, volume 16) [Image 337]

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FABRICATION

longueur on ménage une petite voûte de 50 à 6o

centimètres de rayon ( fig. 5 ). Pour que le tas présente une surface unie, on couvre les parois avec du bois menu posé dans une situation inclinée. On couvre le tas avec de la terre et de la mousse par le procédé ordinaire , en ménageant toutefois quelques issues sur toute la hauteur. Cela fait, on bouche le foyer F par une plaque, de telle sorte que tous

les gaz de la combustion qui s'opérera sur la grille passent dans le canal ab. Les Cieux extrémités de la voûte au-dessus de ce canal sont aussi fermées par des taques qu'on lute avec de la terre. Enfin,

un petit ventilateur en bois, que fait mouvoir un enfant, lance un courant d'air forcé sous la grille sur laquelle on entretient le feu avec les menus bois , branchages et ramilles, qu'on utilise ainsi. Tous les gaz de la combustion et l'air qui s'é-

chauffe dans le foyer sont donc lancés dans le canal, s'échappent de chaque côté de la rigole par l'issue de quelques millimètres qui est réservée, et se répandent dans la masse du bois. Quand le premier dégagement de vapeur qui s'exhale de tout le tas s'est ralenti , on couvre celui-ci fortement en commençant par le haut. Les gaz abandonnent la partie supérieure et descendent successivement à mesure que l'on couvre. De cette manière, on obtient un résultat uniforme. On conçoit, en effet, que l'on peut à volonté développer de la chaleur en une partie quelconque du tas, puisque les gaz chauds poussés par le courant

d'air forcé n'ont point d'autres issues que celles qu'on leur présente aux différents points de la surface de la meule. Au moyen d'un long crochet, et en débouchant la partie antérieure .de la voûte,

DU CHARBON ROUX EN Fonft.

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on soulève plus ou moins les taques qui couvrent le_ canal, et l'on offre ainsi une issue plus ou moins grande aux gaz échauffés en telle partie du canal que l'on veut. De cette manière, on prépare 3o stères en 24 heures, et la consommation de bois dans le foyer paraît être d'environ 3 stères , soit 7- ' de la quantité

torréfiée. Dans la torréfaction que j'ai vu opérer, , toute la masse principale était uniforme, et le bois de couleur brune jusqu'au centre, à l'exception de celui qui touchait la terre aux points x ety, , et qui était moins torréfié que la masse principale. Il est probable que l'on portera remède à ce défaut; mais en tout cas, si l'on n'y parvenait pas entièrement, on pourrait employer

ce bois moins carbonisé à la cuisson suivante, en le jetant sur la grille. Le charbon roux obtenu se trouvait à peu près à l'état que j'ai désigné par B (Annales , t. XI , p. 55o) , c'est-à-dire, ayant perdu en poids 43 pour cent, renfermant 38 pour cent de matières volatiles, et ayant un pouvoir calorifique représenté par o,58. Il est probable, d'ailleurs, que l'on pourrait parvenir à un état plus avancé. M. Echement m'a dit l'avoir obtenu dans des carbonisations précédentes. On n'obtient pas un atôme de charbon noir. Ainsi que je l'ai dit en commençant , je n'ai point encore réuni tous les éléments du prix de revient du charbon roux ainsi préparé ; mais on peut voir à l'avance que les frais de préparation

seront peu élevés : 1° L'arrangement du tas est aussi simple, plus simple même que celui des meules ; 20 La conduite du travail paraît beaucoup plus

facile, puisque le feu n'est point dans la niasse;