Annales des Mines (1837, série 3, volume 11) [Image 3]

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ACTION DE LA VAPEUR D'EAU 4 plus importants. C'est la classification par familles naturelles, dont M. Ampère a posé les bases d'une

manière si brillante dans son Essai sur la classification naturelle des corps simples (Annales de chimie et de physique, t. I et Cette dernière méthode est certainement la seule philosophique, mais elle présente de grandes difficultés dans l'exécution ; pour l'établir d'une manière un peu stable, il faudrait que la science fût arrivée à un degré de perfection dont elle est encore loin aujourd'hui. Parmi les classifications artificielles qui ont été proposées, les plus remarquables sont celle de M. Berzélius et celle de M. Thenard. M. Berzélius range les corps simples dans l'ordre de leurs intensités électriques, il les divise d'abord en deux grandes classes, en électro-posite et en électro-négatifs. Les premiers sont ceux qui> en présence des corps de la seconde classe, prennent toujours l'électricité positive ; leurs oxides se comportent avec ceux des corps de la seconde classe comme des bases salifiables avec des acides.

L'oxygène étant de tous les corps simples le plus électro-négatif, si l'on prend ce corps comme point de départ, et si l'on place à sa suite tous les autres corps simples dans l'ordre de leur énergie électro-négative décroissante, c'est-à-dire de manière à ce que chaque corps soit positif par rapport à celui qui le précède, et négatif par rapport à celui qui le suit, on obtient une série qui semblerait au premier abord devoir être l'inverse de celle que l'on obtiendrait en rangeant les corps d'après leur affinité pour l'oxygène. Il n'en est cependant pas ainsi, comme M. Berzébus l'a fait

SUR LES MÉTAUX.

remarquer depuis longtemps, car beaucoup de corps très-électro-négatifs sont capables dans cer-

taines circonstances d'enlever l'oxygène à des

corps beaucoup plus électro-positifs qu'eux. Il est d'ailleurs fort difficile de déterminer avec précision la place que chaque corps simple doit occuper d'après cette propriété , car l'intensité électrique des corps varie suivant une foule de circonstances, suivant la température, la conductibilité des substances, etc. , etc. On peut en dire autant de l'affinité des corps pour l'oxygène. M. Thenard divise d'abord les corps simples en

métalloïdes et en métaux proprement dits. La distinction de ces deux classes est fort diffi-

cile à établir, on peut même assurer que dans l'état actuel de la science elle est devenue impossible ; la seule chose que l'on puisse encore dire, c'est que les métaux jouissent de la propriété de former avec l'oxygène des combinaisons qui jouent

le rôle de bases en présence des acides, tandis que les combinaisons que les métalloïdes forment avec l'oxygène ne jouent jamais le rôle de bases. M. Thenard divise ensuite les métaux en plusieurs sections d'après leur degré d'affinité pour l'oxygène, et pour effectuer cette classification il

s'est réglé, I. sur la manière dont les différents métaux se comportent avec l'oxygène gazeux à une haute température; 2° sur la facilité plus ou moins grande que l'on rencontre à ramener leurs oxides à l'état métallique ; 3' enfin sur l'action décomposante qu'ils exercent sur Veau à une température plus ou moins élevée. D'après ces consi-

dérations, M. Thenard divise les métaux en six sections, qui sont les suivantes :