Annales des Mines (1836, série 3, volume 10) [Image 141]

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INFLUENCE DU CUIVRE ET DU SOUFRE

SUR LA QUALITÉ DE L'ACIER.

sont ni le carbone, ni le manganèse , ni le sili-

L'auteur appuie encore cette assertion par les résultats d'un certain nombre d'expériences dont nous allons rapporter les plus concluantes. Dans une forge de Dillenburg , je fis étirer une barre de fer en bande plate, à la chaleur blancjaune ( Gelbhitze), et avant qu'elle fût revenue au rouge, elle fut plongée dans l'eau froide. Les faces latérales de i à 2 lignes de largeur restèrent parfaitement unies , et absolument comme on l'avait observé sur le fer de Vordernberg, et de même d'un blanc d'argent. On traita de la même manière, et au même degré de chaleur, des fers de Siegen, contenant 0,29 p. de cuivre et 0,39 de soufre; mais après les avoir retirés de l'eau,

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cium, ni même le soufre, mais uniquement le cuivre qui occasionne ce changement de couleur et cette rudesse des petites faces des barres plates; effets qui doivent être commele commencement clans ces métaux de la propriété d'être

cassant à chaud : c'est encore uniquement par suite de la présence du cuivre que certaines loupes d'acier se laissent plus difficilement souder, que d'antres qui se trouvent d'ailleurs au même degré d'affinage ( Gaargrade) qu'elles; et cette opération est d'autant plus difficile à effectuer, que le fer spathique,qui a produit les fontes d'où elles

proviennent, était davantage mélangé de cuivre pyrite ux.

Si de plus nous considérons le fer de Dillenburg qui, malgré la forte proportion de soufre qu'il contient .n'est aucunement cassant à chaud, et même qui se laisse forger en lames très-minces, etc. , nous sommes en droit d'en conclure que toutes les fois qu'il y a absence de cuivre, la grande malléabilité du fer n'est pas altérée (1). (i) Il faut entendre, quoique l'auteur ne le dise pas explicitement en cet endroit, que le soufre ne produit nullement cet effet, lors même qu'il est contenu dans le fer ou l'acier en plus forte proportion que le cuivre. Jusqu'ici on avait pensé le contraire ; on admettait généralement que 0,25 (24. ) p.

de soufre dans le fer forgé

suffisait pour le rendre rouverin, et que o,3o ou 0,4o p. détruisaient la soudabilité du métal. M. Karsten dit « qu'il faut croire qu'on ne traite nulle

part des minerais dont la fonte puisse renfermer au-dessus de soufre » ( tome I, 203 ). Pour reconnaître l'influence du soufre sur le fer, il fit ajouter du

» de o,o34 p.

gypse dans un haut-fourneau, et la fonte qui en provint ayant été affinée, le fer qu'on en obtint se trouva très-

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les surfaces latérales des barres minces se montrè-

rent rudes et un peu fendillées. Un autre échantillon de fer de Siegen, conterouverin ; cependant il put être un peu étiré à la chaleur blanche, mais il se cliquait au point qu'il fut impossible d'achever le forgeage. La soudabilité avait entièrement dis-

paru ; l'analyse ne donna que o,o337 ou 34 de soufre sur 100.000 parties de fer. ( Karsten , tom. I, § 193. ) Les résultats que donne maintenant M. Stengel sont bien différents de ces derniers, puisqu'ils montrent des fers ( ceux de Dillenburg ) qui contiennent ou presque p. ( c'est 34 sur lo.000) de soufre, et qui ne se montrent pas le moins du monde cassants à chaud, et n'ont pas perdu de leur malléabilité enfin il attribue au cuivre uniquement les petites fissures qui se montrent sur les petites faces du fer et de l'acier que l'on forge en barres minces ainsi que la difficulté que l'on éprouve à souder certains aciers. Si ces observations sont confirmées , et leurs conséquences adoptées, il faudra modifier notablement l'opinion qu'on avait eue jusqu'ici sur l'influence que le soufre paraissait exercer sur la qualité du fer et de 1 acier, du moins .lorsqu'il ne s'y trouve combiné qu'en petite proportion.