Annales des Mines (1835, série 3, volume 8) [Image 119]

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CAUSE P BORA BLE DU TRANSPORT

DES BLOCS ERRATIQUES DE LA SUISSE.

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A quelque distance de cette côte surgissaient sur la mer quelques 'dots épars, disposés en file et peu élevés au-dessus des eaux, et dont les productions végétales consistaient principalement en fougères, en équicétacées et en quelques monocotylédones, comme les empreintes conservées dans

dû se couvrir de neiges qui, descendant sans cesse

les schistes d'Erbignon , de Salvan , de Gétroz, du. col de Balme, etc. , semblent l'indiquer. C'est dans cet état de choses qu'eut lieu le grand et probablement le dernier soulèvement des Alpes, soulèvement dont les savans travaux de M. de Buch et de M. Élie de Beaumont ont fait connaître

ral, dont je viens de parler, a eu lieu, et, par

l'origine récente comme l'un des faits les mieux prouvés et les mieux démontrés en géologie. La force qui produisit ce grand effet n'exerça. pas uniquement son action sur les Alpes; elle l'étendit aussi , mais à un moindre degré, sur la chaîne

dans les vallées, y ont formé ces vastes glaciers ,

qui peu à peu ont envahi les plaines

au pied des Alpes, et poussé leurs moraines jusqu'au faite du Jura._ Ces glaciers ont dû diminuer

et se retirer à mesure que l'affaissement géné-

ce fait même, les Alpes, la basse Suisse et le Jura

ayant diminué d'élévation au-dessus de la mer,: leur climat s'est peu à peu réchauffé, et a pris, enfin la température qu'il présente maintenant (i). Je termine cette notice en exprimant le voeu qu'elle puisse attirer l'attention des naturalistes

sur le travail que- prépare M. Venetz; qu'elle puisse les engager à étudier derechef le grand

du Jura et sur la plage qui s'étend à son pied, et les éleva derechef, probablement à un niveau plus élevé que celui qu'on leur voit aujourd'hui. Plusieurs considérations autorisent à croire que

(i) Les environs de Vevey et de Lausanne sont la contrée du bassin du. Rhône qui jadis produisit des chanmerops. Cette contrée, comme probablement le reste de la basse

les Alpes furent également soulevées à une hauteur

dans lesquelles des glaciers peuvent, non pas se former, mais seulement se conserver, est d'environ 6°. Tel est par

plus grande que celle qu'elles ont maintenant. Toute leur masse, aussi bien que celle du Jura et de la basse Suisse, a dû subir un affaissement général, qui a duré aussi long-temps que les parties mal assises et disloquées n'eurent pas pris leur assiette, et acquis la solidité et la stabilité qu'elles présentent maintenant.; L'effet d'un soulèvement à une aussi grande élévation au-dessus de la mer a dû opérer un grand

changement dans la température du climat de ces contrées. Le climat propre à produire des chamaerops a dû devenir semblable à celui du nord; l'atmosphère se refroidissant, les Alpes ont

Suisse, devait jouir d'un climat de 17°,5, température moyenne. La température moyenne des vallées des Alpes

exemple le climat de la vallée de Chamouny. Si nous admettons que la température décroît d'un degré pour chaque 16o mètres d'élévation, la contrée qui jouissait d'une température moyenne de 17%5, doit avoir été soulevée de x.84o mètres pour que sa température moyenne se soit abaissée jusqu'à 6°. Mais comme l'élévation actuelle de -Vevey, égale à celle de Genève, est de 372 mètres, l'affaissement que cette contrée a subi doit avoir été de 1.468 m. En admettant que cet affaissement eût été général pour toute la Suisse, et que les Alpes l'eussent éprouvé également , il

en résulte que le Mont-Blanc , dont la hauteur actuelle est de 4.8io mètres, doit avoir été élevé jusqu'à la hauteur de 6.278m.: élévation encore bien inférieure à celle qu'atteignent aujourd'hui beaucoup de montagnes de fAmé,rique et de l'Asie.