Annales des Mines (1824, série 1, volume 9) [Image 460]

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MINERAIS D'E'TAIN ET DE CUIVRE

vagues se brisent continuellement; nous l'avons cité plus haut (§ 17), à cause de sa composition remarquable. Ce puits descend jusqu'à 228 métres (123 fathoms en dessous de son orifice, et 2 I 2 mètres (115 fathoms) au-dessous du niveau moyen de la mer. C'est à cette profondeur que se trouve actuellement la galerie la plus profonde. Ce puits, peu régulier et un peu incliné, est boisé au moyen de cadres horizontaux, placés de mètre en mètre, sur lesquels sont attachées des planches verticales placées derrière. Les eaux sont enlevées

par une suite de pompes aspirantes et foulantes de diverses longueurs , dont les tuyaux sont en fonte, et qui sont mises en jeu par une machine à vapeur de la force de dix-huit chevaux, établie sur le crown-rock, près de l'orifice du puits. On

descend par des échelles en bois, les unes

verticales, les autres inclinées. Une partie du mi-

nerai est extraite par le même puits, au moyen d'une machine à vapeur de rotation qui est placée sur le haut de la falaise ; mais elle n'élève les tonnes que jusqu'à l'orifice du puits : là, on fait un triage ; les déblais tout-à-fait pauvres sont jetés à la mer, les morceaux qui contiennent du ruinerai sont élevés en haut de la falaise par des bennes qui glissent dans un canal incliné et qui sont mises en mouvement par une machine à molettes. Sur le prolongement méridional du filon croiseur appelé guide, se trouve un second puits d'extraction, sur lequel on a aussi établi une machine ii molettes. La mine de Bottalack , qui, par la situation de

son orifice dans un rocher sans cesse battu par les vagues , et par la disposition de ses ma -

905 chines sur une côte escarpée et sans abri, semble aux étrangers une espèce de prodige, n'est pas DU CORNOUAILLES.

la seule du Cornouailles qui présente des travaux sous-marins, on en trouve plusieurs autres

dans le même cas, sur la côte qui s'étend du

Land's-end à Saint-Yves. C'est à cette classe que se rapportait la Ancienne § 38. d'étain mine de Wherry, , citée dans plusieurs ouvrages mine de Wherry. .

comme un monument de la hardiesse des mineurs du Cornouailles. Elle était ouverte sur le rivage, à l'ouest de Penzance, en un point que la mer ne découvre que durant très-peu d'heures à chaque marée. On exploitait dans cette mine un filon d'elvan , qui contenait, sur une petite partie de sa longueur, du minerai d'étain en petits filons, et en veinules disséminées dans la masse

de l'elvan. L'affleurement dela masse stannifère était couvert de pluSieurs mètres d'eau à chaque marée,

en sorte qu'on ne pouvait travailler que durant quelques heures par jour, et chaque fois qu'on revenait, on trouvait les travaux remplis d'eau. Malgré ces obstacles, un simple ouvrier mineur parvint, à la fin du siècle dernier, à y creuser un puits, sur l'orifice duquel il éleva une tourelle en bois soigneusement calfatée et goudronnée, qui ne laissait aucun accès aux eaux. Audessus de cette tourelle, il plaça deux molettes, sur lesquelles passaient deux câbles d'extraction, mis en mouvement par une machine à vapeur établie à 200 mètres de là sur le rivage. Il construisit ensuite, sur pilotis, un plancher horizontal, qui mettait le puits en communication avec le rivage, et permettait d'y transporter les matières