Annales des Mines (1821, série 1, volume 6) [Image 292]

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ANALYSE

Le sable chrômifère de l'Ile - à -Vaches, tel qu'on l'a apporté en Europe, 'est composé de grains de fer chrômé , parmi lesquels on dis-

tingue , -sait à l'oeil nu , soit à l'aide de la loupe, quelques. autres grains de minéraux assez variés. Les grains les plus apparens sont des débris

de pierres calcaires et de coquilles calcaires. Les grains les plus petits sont amorphes , fort durs, les uns blancs, d'autres jaunâtres, et la plupart d'un rose plus ou moins foncé ; ce sont probablement des fragmens de quarz et de

pierres gemines..Enfin,-à l'aide d'un barreau aimanté, on parvient à extraire, en petite quantité, d'autres grains d'un noir foncé, presque sans éclat, très-pesans , que l'on a reconnu appartenir à l'espèce fer titané. On peut débarrasser le fer chrômé de tantes les substances avec lesquelles il est mélangé, en traitant, le sable par l'acide muriatiqué, après en avoir enlevé le fer titané au mayen d'un aimant, et en le soumettant ensuite à un lavage soigné

faugette à main. C'est le sable ainsi purifié

qui a été analysé.

Le fer chrômé est en grains très- petits : la plupart de *ces grains ont tout au plus la grosseur d'une tête de camion; ils sont tous parfaitement cristallisés. sous la forme d'un octaèdre régulier sans facettes additionnelles; leurs arrêtes sont. vives , et ne paraissent pas avoir été émoussées par le frottenaent; leur couleur est le noir foncé pur, ils sont doués d'un grand .éclat, cet éclat ressemble plutôt à l'éclat de la houille, qu'à celui d'une substance métallique : leur pesanteur spécifique est très-grande, mais on ne l'a pas détermmée. Lorsqu'on les chauffe très-

575 fortement, ils ne perdent rien de leur poids., mais MI FER CHRO/1d.

il s'agglomèrent légèrement et leur couleur noire se change en un gris bleuâtre très-foncé.

Le fer chrômé de l'Ile-à-Vaches , réduit en poudre très-fine par la porphyrisation , est atta7. que par l'eau régale bouillante, mais si lentement et si difficilement, qu'en 24 heures d'ébullition soutenue, l'acide n'en dissout qu'une partie sur dix que l'on soumet à sen action. La dis-. solution renferme tous les élémens du minéral, et le résidu est en tout semblable à celui-ci; ce qui prouve que l'acide le dissout sans le décomposer.

Le fer chrômé de Baltimore est en masses cloisonnées, ou en gros grains amorphes, empâtés de stéatite blanche ou d'un jaune verdâtre clair. Sa cassure est imparfaitement lamelleuse, sa couleur est le noir grisâtre, il a un éclat qui Lient le milieu entre l'éclat de l'anthracite et l'éclat du fer oxidulé. On peut l'obtenir parfaitement pur en le pilant et en le lavant. Il est en-. core plus difficilement attaquable par les acides que la variété de l'Ile-à-Vaches. Voici par quel procédé ces deux Minéraux ont été analysés. On en a fait chauffer 16g réduits en poudre impalpable, avec deux fois leur poids de 'nitre et une fois leur poids de. potasse caustique, dans

un creuset d'argent. Au bout de deux heures d'exposition au feu, on a laissé refroidir la ma-

tière, on l'a délayée dans l'eau et l'on a recueilli le résidu insoluble, que l'on a bien lavé. Ce résidu était un mélange de minerai non attaqué, de peroxide de fer et de silicate double d'alumine et de potasse : pour dissoudre le silicate