Annales des Mines (1895, série 9, volume 4, partie administrative) [Image 270]

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STATISTIQUE DE L INDUSTRIE MINÉRALE

ET LES APPAREILS A VAPEUR.

femmes (364) et de celui des jeunes gens dont l'âge est compris entre 16 et 18 ans (421).

que l'exploitation des carrières, lorsqu'elle a lieu d'une façon suivie, est plus dangereuse que celle des mines, contrairement à l'opinion communément admise. La proportion annuelle des accidents signalés comme mortels s'élève, en effet, par 10.000 ouvriers, à 19 dans les carrières souterraines et à 11 dans les carrières à ciel ouvert, lorsqu'on exclut de la statistique les exploitations temporaires.

Indépendamment du personnel dont il vient d'être question, les minières de fer ont [occupé 1.300 ouvriers environ et les carrières 116.000. Les travaux auxquels un si grand nombre de personnes ont été employées ont nécessairement entraîné des accidents, dont 289 mortels. Toutefois l'année 1894 n'a été marquée par aucune catastrophe. La plupart des accidents ont été individuels et aucun d'eux n'a fait plus de cinq victimes à la fois, tant blessés que tués. Dans les mines de combustible, le grisou n'a causé la mort d'aucun mineur depuis trois ans, heureux fait qui ne s'était pas présenté une seule année pendant la longue période de 1843 à 1891. En outre, il s'est produit moins d'accidents mortels par éboulements, par chutes dans les puits, par l'exploitation des voies ferrées souterraines, par les travaux manuels et les causes diverses, de sorte que la proportion des tués, rapportée à 10.000 mineurs, est descendue à 8,5, tandis qu'elle s'élevait à 13,7 en moyenne pendant la période quinquennale de 18901894 et à 21,8 dans la période analogue de 1875-1879. Le nombre des morls dans les carrières à ciel ouvert s'est augmenté de 42; mais cet accroissement semble uniquement dù k une plus grande exactitude, de la part des exploitants, à remplir le devoir auquel ils sont astreints de déclarer les accidents. Sous ce rapport le zèle des maires des communes où les carrières sont situées, auxquels incombe le soin de surveiller ces exploitations conjointement avec les ingénieurs et les agents du service des mines, a été activé par des instructions du ministre du commerce et de l'industrie destinées à faciliter l'exécution de la loi précitée du 2 novembre 1892, complétée par le décret du 21 avril 1893, relativement à la déclaration des accidents. Bien que la statistique des accidents de carrières semble avoir comporté jusqu'à présent des omissions, du fait des exploitants et des maires, la commission a cru devoir rechercher le degré réel de danger que présentent ces exploitations. Elle a fait établir des relevés statistiques distincts concernant les ouvriers tués : 1° dans les carrières souterraines; 2° dans les carières à ciel ouvert, suivant qu'elles ont été exploitées d'une façon continue ou simplement par intervalles. Ce travail, qui a porté sur les neuf années 1886 à 1894, conduit à la conclusion

Nous terminerons la première partie de ce rapport en mentionnant les recherches de mines dont un tableau spécial donne le relevé très détaillé. Il s'agit seulement des fouilles, par puits ou galeries, et des sondages entrepris en dehors du périmètre des concessions. Ces recherches ont été beaucoup plus nombreuses que pendant les précédentes années; il y en a eu 106 en France et 8 en Algérie, dont plusieurs couronnées de succès. En 1894, huit nouvelles concessions ont été instituées : une d'anthracite, trois de minerai de fer, une de plomb, zinc, argent et métaux connexes, une de manganèse et deux de sel gemme. 11 y a lieu de signaler des renseignements intéressants concernant l'industrie minérale de nos colonies. — La seconde partie de la Statistique de l'industrie minérale est consacrée à la métallurgie. La production des hauts fourneaux, des usines à fer et des aciéries a consisté en : Fontes Fers Aciers ouvrés Ensemble

2.070.000 tonnes valant 118 millions 786 000 — 129 — 674.000 — 169 millions 1/2 3.330.000 tonnes valant 416 millions 1/2

Plus des trois quarts des fontes (1.600.000 tonnes) sont destinées à l'affinage, ou plus exactement à la fabrication du fer et de l'acier, et le reste au moulage soit en première, soit, plus généralement, en seconde fusion. Leur production totale a augmenté de 67.000 tonnes; elle est revenue au niveau qu'elle avait atteint pour la première fois onze ans auparavant, en 1883, avant la grande crise dont ont souffert simultanément les houillères, les usines métallurgiques et la plupart de nos établissements industriels. Depuis que les lingots d'acier s'obtiennent à bas prix avec les fontes déphosphorées par le procédé Thomas, les usines à fer ne cherchent plus à s'étendre, mais simplement à subsister.