Annales des Mines (1909, série 10, volume 16) [Image 105]

Cette page est protégée. Merci de vous identifier avant de transcrire ou de vous créer préalablement un identifiant.

202

LES CATASTROPHES MINIÈRES AMÉRICAINES

brûlés. Il n'existe naturellement aucun témoignage pour confirmer ou infirmer cette hypothèse, que nous présentons simplement comme une explication vraisemblable. Par contre, l'explication donnée par certains ingénieurs qui localisent le centre de l'explosion au point A de la (fig. 45) ne nous parait pas cadrer aussi bien qu'il serait désirable avec certaines des constatations. Dans le groupe des trois galeries de traçage de la nouvelle voie secondaire, qui sont assez poussiéreuses, on a relevé de nombreuses croûtes de coke ; elles sont toutes orientées vers les fronts, indiquant que la flamme est venue de la voie principale. Un coup de grisou, survenu dans les circonstances que nous avons supposées, suffit à expliquer les différents effets dynamiques que l'on a constatés et qui sont presque tous localisés dans la voie principale de roulage ou ses abords inmédiats. Les poussières n'ont pas généralisé l'explosion ; il ne semble pas qu'elles l'aient beaucoup aggravée. Les effets de distillation des poussières, dont le coke est un témoignage, ont été très limités. En dehors des quelques points que nous avons signalés ci-dessus, on a vu du coke dans l'entrée 36 et dans l'entrée 27, orienté vers les fronts. On en a vu également dans les entrées 19 et 26, orienté tantôt vers la voie principale, tantôt vers les fronts. Ces orientations vers la voie principale se rencontrent d'une manière prédominante dans l'entrée 19, sans que nous puissions dire s'il s'agit d'un retour de la flamme après un circuit dans les vieux travaux inactifs des quartiers Est, ou s'il faut y voir une dérogation à la loi habituelle relative à l'orientation de ces dépôts : cette dérogation résulterait d'un régime particulier de vitesse et de densité du nuage poussiéreux, qui se serait rencontré exceptionnellement dans cette partie des travaux et s'observerait plus rarement dans les grands coups de poussières.

DE MONONGAH, DARR ET NAOMI

203

CONCLDSIONS.

Nous pensons, en définitive, que l'accident de Naomi doit être classé comme un coup de grisou et que le caractère peu poussiéreux et parfois humide de la mine lui a valu de n'être que très partiellement dévastée par les effats directs de l'explosion. L'élévation jusqu'à 100 p. 100 du coefficient de mortalité ne tient pas à l'importance de l'explosion, mais est une conséquence presque inévitable des dispositions adoptées, selon l'habitude américaine, pour l'aménagement général de la mine.

RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS.

Les catastrophes de Monongah, Darr et Naomi présentent trois types différents d'explosions plus ou moins généralisées. A Monongah, la progression de la flamme n'a presque pas connu d'autres limites que celles de la mine elle-même. Loin de s'atténuer avec la distance, la violence des effets s'est plutôt progressivement accrue, à en juger par les effets dynamiques considérables à l'orifice du numéro 8, par exemple. A Darr, la généralisation fut grande également, à l'exception toutefois des vieux travaux; mais la violence des effets fut beaucoup moindre qu'à Monongah; les renforcements aux culs-de-sac furent rares ; les projections, bris de cars et autres effets dynamiques témoignent d'une moins intense force de destruction ; enfin l'explosion ne s'est pas renforcée sensiblement dans le long roulage de la voie principale, cependant favorable a priori au développement d'un coup de poussières. A Naomi, s'il a pu se produire un certain renforcement