Annales des Mines (1907, série 10, volume 12) [Image 197]

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LA CATASTROPHE DE COURRIERES

dont la partie supérieure a été complètement détruite, l'explosion s'est arrêtée à 400 mètres environ du puits, dans une région en rauchage (Pl. V, n° 24). La deuxième Yoie suivie par l'explosion longeait le pied des dépilages dont les ouvriers sont morts sur place et où a été allumé le premier feu de Joséphine, puis redescendait par le grand treuil, dit à quatre balles, qui suit la faille Connétable. En passant, elle a pénétré dans le beurtia Bourlard 340-306, à mi-hauteur duquel s'ouvrent les travaux de Sainte-Barbe; l'explosion s'est maintenue dans le bure, dont les échelles sont tombées, et ne s'est pas étendue dans les travaux de Sainte-Barbe ni dans la bowette 306. Elle est arrivée à peu de distance du puits et semble s'être arrêtée dans une partie maçonnée de la bowette Nord voisine de l'accrochage (Pl. V, n° 22). En résumé, dans le quartier que commande, à partir de la bowette Nord. 326 du n° 3, la voie de fond de Marie Est, nous voyons qu'il y a doute sur le sens de l'explosion entre la bowette et l'entrée de Joséphine ; au delà de ce point, la marche de l'explosion a eu lieu vers l'Est, c'està-dire vers le puits n" 2, qu'elle n'a d'ailleurs pas pu atteindre. Dans la région douteuse, formée par Marie Est, le recoupage et l'entrée même de Joséphine, les explosifs étaient employés à deux chantiers. L'un se trouvait à l'avancement même de la voie de fond- de Marie vers l'Est; les derniers explosifs distribués étaient du 7 mars, ils n'ont pas été retrouvés. Les cadavres des deux ouvriers étaient à front, et rien n'indiquait qu'un coup de mine eût pu être tiré récemment. L'autre chantier se trouvait dans un cul-de-sac de 10 mètres, branché sur la voie de fond du Nord de Joséphine. Les derniers explosifs distribués étaient du 9 mars, ils n'ont pas été retrouvés. Les deux cadavres se trouvaient à front; il n'y avait qu'une quantité insignifiante de charbon abattu.

LA CATASTROPHE DE COHRRIKRES

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Aucune trace de gaz inflammable n'a été trouvée dans cette région. Bowette Nord 326 au Nord de Marie. — La bowette Nord 326 au Nord de Marie était d'abord fortement éboulée jusqu'au pied du bure Ballon, sans donner par conséquent d'indice sur le sens de l'explosion, puis présentait des marques très nettes d'une explosion venue du Sud, croûtes de coke et projections de berline (Pl. V, n° 23). Plus loin au Nord, des indications contradictoires ont été relevées presque à coté les unes des autres (Pl. V, n° 24) ; elles étaient données par les fers de berlines tordus tantôt vers le Sud et tantôt vers le Nord. Il semble que deux explosions de sons contraire se soient croisées dans cette partie de bowette située au Sud de Joséphine, l'explosion venue du Sud étant plus violente que celle venue du Nord. A hauteur de Joséphine, deux éboulements importants obstruaient la bowette, l'un à l'entrée de la voie de fond (Pl. V, n° 25), l'autre sous le passage de la montée de Joséphine (n° 26). Ce dernier éboulement avait largement agrandi le trou normal d'aérage qui faisait communiquer cette voie avec la bowette. Au Nord de Joséphine, la bowette n'avait plus que des dégâts de boisage. L'explosion est venue mourir à l'entrée d'Augustine. En définitive, il y a doute sur le sens de l'explosion dans le tronçon de bowette situé entre Marie et Joséphine, ou plutôt, en présence de la violence des effets dynamiques dans l'un et l'autre sens, il semble bien qu'il est passé là deux explosions de sens contraires. Les projections vers le Nord ont pu être causées par une explosion venue de Marie. Les projections vers le Sud ont pu être le fait d'une chasse gazeuse pénétrant dans cette partie de bowette par une de ses communications avec le reste des travaux, c'est-à-dire par le bure Ballon ou plus au Nord par une des voies de Joséphine. Or les