Annales des Mines (1905, série 10, volume 7) [Image 7]

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DE L'EXPLOITATION

DU

MINERAI

LA

LORRAINE

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DE FER OOLITHIQUE

fait partie. Cette formation occupe le sommet du lias supérieur. Elle repose sur les marnes liasiques et se trouve sous les marnes micacées bajociennes, épaisses de 10 à 30 mètres, surmontées elles-mêmes de toute la série des calcaires jurassiques plus ou moins marneux. Le gisement lui-même comprend plusieurs couches ferrifères plus ou moins riches, plus ou moins exploitables, séparées par des intervalles calcaires ou marneux plus ou moins puissants. Ces couches affleurent le long des falaises jurassiques de la région lorraine ; elles y constituent, en France les bassins de Nancy et de Longwy, au Luxembourg ceux de Differdange et Esch-Rumelange, en Lorraine allemande celui de Moyeuvre-Hayange. Le bassin profond de Briey n'est que l'aval-pendage, sous 100 à 260 mètres de morts-terrains, des bassins de Lorraine, du Luxembourg et de Longwy. Il y a lieu de distinguer dans cet ensemble : 1° Les exploitations à ciel ouvert et par galeries à flanc de coteau, le long des affleurements ; 2° Les mines profondes exploitées par puits.

I. — EXPLOITATIONS D'AFFLEUREMENTS. L'origine de ces exploitations remonte à une haute antiquité, antérieure à l'époque gallo romaine, d'après MM. Bleicher et J. Beaupré (Matériaux pour l'histoire de la métallurgie en Lorraine, Nancy, 1896), mais leur développement s'est produit dans les cinquante dernières années. Minières. — L'affleurement des couches est encore aujourd'hui le siège d'importantes exploitations à ciel ouvert, surtout au Luxembourg; chez nous, les minières sont localisées dans le bassin de Longwy, surtout près d'Hussi-

gny. Ce sont des carrières à gradins ; chaque gradin correspond soit à un intervalle stérile , soit à une couche utilisable . D'après la loi de 1810, la partie du gisement exploitable à ciel ouvert appartient au propriétaire du sol. Sa limite correspond à la hauteur de découvert compatible avec une extraction fructueuse. Dans le bassin de Longwy, cette hauteur a été fixée, suivant les cas, entre 10 et 17 mètres, par des accords intervenus entre propriétaires et concessionnaires. Au Luxembourg, elle est réglée parla loi du 15 mars 1870, en Lorraine annexée par des décisions de l'Administration des Mines. La seule difficulté de ces exploitations résulte du glissement des marnes micacées superposées à la formation ferrugineuse, à la suite des entailles qu'y crée le découvert. Ce phénomène nécessite souvent l'arrêt des travaux avant la hauteur-limite. On extrait ainsi, dans le bassin de Longwy, près de 400.000 tonnes par an. Mines d'affleurement. — La méthode d'exploitation de ces mines est en général la suivante. Une galerie principale de roulage est établie dans la couche à exploiter et au bas du champ à prendre. De cette principale partent des galeries de roulage dites secondaires, obliques ou diagonales (fig. 1). Chacune de ces galeries R a de 2 à 4 mètres de largeur. Sur chacune d'elles on branche, tous les 8 ou 15 mètres, des chantiers d'avancement, sortes de galeries larges de 3 à 7 mètres, parallèles, que l'on pousse sur 50 à 100 mètres On reprend ensuite, en battant en retraite vers la galerie «le roulage, et en les dépilant chambre par chambre, les piliers, larges de 4 à 8 mètres, laissés d'abord entre les chantiers. On règle l'allure relative des dépilages de manière que chaque chambre C soit protégée de deux côtés par la roche en place et que chaque voie de chantier V