Annales des Mines (1900, série 9, volume 18) [Image 37]

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jusqu'ici identifier les couches reconnues en différents points et les classer; on croit cependant pouvoir affirmer que l'ensemble de la formation comprendrait au moins douze à quinze couches exploitables. Ces couches paraissent relativement assez régulières vers le bord sud du bassin ; on y a signalé des affleurements atteignant jusqu'à 8 à 10 mètres de puissance ; auprès du village de Kostenkov, on a reconnu neuf couches parallèles et régulières de 1 à 9 mètres d'épaisseur; leur nombre s'élèverait même jusqu'à 18 près de Berezov. Vers le nord, les couches paraissent plus tourmentées et plus irrégulières; on a cité, au voisinage du village de Botcha, un amas épais d'une cinquantaine de mètres (Voir le croquis ci-dessus, fig. 6). Il n'y a guère eu jusqu'ici, dans tous ces points, que des études géologiques, plutôt que des travaux de reconnaissance complets ; on a néanmoins effectué un assez grand nombre de sondages à la périphérie et quelques-uns même vers le centre du bassin ; tous concourent, paraît-il, à établir la continuité des couches exploitables sur toute l'étendue de la cuvette houillère. On a même fait, en certains points, des évaluations des ressources que l'on a cru pouvoir considérer comme suffisamment reconnues ; il n'y aurait pas moins d'un million de tonnes reconnues autour de Kaltanskoï, presque autant auprès de Kostenkov et trois fois plus à Berezov. Les seuls travaux d'exploitation un peu importants entrepris jusqu'ici, à notre connaissance, l'ont été sur le gisement de Kaltchouguine, situé sur le bord ouest du bassin, et où les affleurements sont très puissants. Ce gisement, distant de 50 kilomètres seulement de l'usine sidérurgique de Gourievski, a été mis en exploitation par le. Cabinet de l'Empereur, auquel appartient l'usine, et a produit toutes ces dernières années assez régulièrement une vingtaine de mille tonnes de houille, dont quelque

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4 ou 5.000 nécessaires à la consommation de l'usine. Quelques centaines de tonnes sont carbonisées et fournissent de bon coke métallurgique. Il y a tout lieu de penser que l'exploitation de ce gisement va être développée, car il vient d'être loué, en même temps que l'usine de Gourievski, à la Société métallurgique de la- Sibérie orientale ; les affleurements de Botcha, plus près encore de l'usine, ont été mis à leur tour en exploitation par cette Société. Le charbon extrait de ces deux mines ne tardera sans doute pas à trouver un certain nombre de débouchés dans leurs environs plus ou moins immédiats. Il semble d'ailleurs très probable que le développement des exploitations houillères dans la région suivrait de près la création de moyens de transport un peu moins précaires que ceux qui existent aujourd'hui. Il ne faut pas oublier en effet que, dans les forêts à sous.-sol marécageux et tourbeux (Taïga) qui recouvrent cette région de la Sibérie, la moindre route est d'un entretien très difficile, à moins qu'elle n'ait été établie avec beaucoup de soin et en ayant recours à des travaux d'une certaine importance. Les routes ne sont en effet, le plus souvent, que des pistes constituées par une série continue de rondins de bois, placés sur le sol perpendiculairement à l'axe de la route ; ces rondins doivent sans cesse être remplacés à mesure qu'ils se sont enfoncés dans le sous-sol ou qu'ils se sont brisés ; la conservation de telles pistes est si difficile et si onéreuse à assurer, sitôt qu'elles portent sur une certaine longueur et qu'il doit y passer des voitures un peu lourdement chargées, que l'on préfère souvent réservertous les charrois de quelque importance pour l'hiver, afin de les effectuer par traîneaux. Une telle manière de faire imposerait à des exploitations houillères une bien grave sujétion, d'autant plus qu'on se trouve privé en hiver de la possibilité d'employer la voie d'eau, qui est