Annales des Mines (1899, série 9, volume 15) [Image 260]

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NOTE SUR LES_ GISEMENTS DES MINERAIS DE FER

Stratification des bassins. Tous ces divers bassins présentent la même configuration ; les couches calcaires qui les limitent sont surmontées d'une chaîne de témoins, de petits pics, laissés par les calcaires sarmatiques ; ces hauteurs ont souvent servi de base aux « kourganes ), tumuli datant des Grecs, si nombreux près. de Kertch et _de Taman, qui ont fourni presque tons les bijoux antiques conservés à l'Ermitage, Pétersbourg. Sur les calcaires sarmatiques, s'étendent les calcaires méotiques qui renferment toute l'eau potable consommée dans le pays ; la presqu'île de Kertch et celle de Tainan sont absolument dénuées d'eaux courantes ; elles ne contiennent >que des ruisseaux desséchés d'ordinaire, mais qui, après quelques heures d'orage, peuvent devenir assez forts pour causer des accidents graves ; 'c'est ainsi qu'en juillet 1897 une partie de la ville de Kertch fut noyée, par les eaux de la vallée de Babtchik débouchant par l'orifice de Katerless. Cette couche calcaire a- été recoupée par tous les puits foncés sur les affleurements, par tous les puits artésiens établis dans la vallée sur les indications de MM. An droussof,

Lanet et Golovkinsky. Foncés plus profondément, ces sondages pénétraient dans les argiles gypseusesdlu miocène et donnaient alors des eaux absolument saumâtres. Ces *calcaires 'coquilliers du méotique se retrouvent sur. tous les bords de la mer Noire et de la mer d'Azow ; ils. prennent en quelques endroits une homogénéité très grande ayant permis l'ouverture de carrières importantes; l'exploitation est des plus faciles, la pierre.se découpant à la scie à main ; les carrières ouvertes auprès de Boulganak et d'Adji Mouchkai montrent par leur étendue les quantités énormes de pierre prises depuis deux siècles

DES PKESQU'iLES DE KERTCH ET DE TAMAN

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pour construire successivement la ville grecque, la ville turque et la ville russe, qui se sont succédées sur l'emplacement de Kertch. Mais, éminemment friable, cette pierre n'a laissé de la ville ancienne, yanticapée, que des décombres atteignant 3 et 4 mètres de hauteur, sans qu'on ait conservé un seul des édifices qu'elle a servi à construire.

C'est sur les calcaires méotiques que se présentent les couches de minerais de fer du Pontique soit directement, soit séparés par des faluns, comme à Kamysch Bouroun. Enfin sur les minerais, les argiles et les sables du quaternaire.

Bassins miniers. Les deux bassins de Kertch et de Kamysch Bouroun sont

séparés par l'anticlinal de Djerjava dont le pendage est' rapide sur ses deux faces. Les parties opposées des deux bassins sont, au contraire, en plateure, et présentent une superficie considérable permettant - l'exploitation à ciel ouvert.

Les limites du bassin de. -Kertch sont nettement indiquées par les pointements de calcaires sarmatiques, et cela, même du côté de la mer on le bassin se trouve partiellement enlevé ; une ligne de rochers dans la mer, jalonnant la direction Mithridate, Nouvelle Quarantaine, on ferme le contour. Le minerai, caché d'abord au versant Nord de Mithri-

date par des constructions, apparaît à la surface du sol avec sa teinte jaune caractéristique dès la sortie de la ville, à la mosquée tartare et après le Schlagbaum. Il continue dans la direction avec, le même pendage rapide d'environ 45° au milieu des jardins qui font suite. Il tourne ensuite vers le Nord-Est, disparaît à l'entrée de la vallée du Mélek Tchesmé, pour reparaître avant Rater-