Annales des Mines (1896, série 9, volume 10) [Image 96]

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SUR LES VARIATIONS OBSERVÉES

DANS LA COMPOSITION DES PHOSPHATES

M. Lasne a décrit en grand détail les diverses circonstances du gisement et les a très judicieusement expliquées dans une étude spéciale sur la géologie de cette région (*). Il a donné l'analyse complète de deux. échantillons, d'un gris clair, venant le premier de Bazaiges, le second de Neuvy (Indre).

26,61 1,31

4,58 38,07 0,58 4,88 2,79

Chaux Magnésie

'Fluorure de calcium Alumine

Peroxyde de fer Silice et silicates insolubles

3,01 13,77

Matière organique et eau (après dessiccation sur l'acide sulfurique). .

4,32

4,93

99,92

99,50

d'où l'on tire P205

LVII LVIII

26,61 29,81

fi

2,37 2,60

FI

2,39 2,66

Fl

0,99 0,98

Les proportions relatives de fluor et d'acide phosphorique se trouvent donc ici identiques avec celles de l'apatite normale, tandis qii'elles en diffèrent dans les nodules

phosphatés de l'Auxois. Aussi suis-je porté à croire, comme je l'ai, d'ailleurs, expliqué plus haut, qu'il n'y a

pas eu dissolution de fluophosphate dans les mers du lias et dépôt de ce composé avec le carbonate de chaux, suivant la théorie de M. Lasne, mais fixation sur les substances organiques, végétales ou animales, de calcaire et de phosphate plus ou moins fluoré dès l'abord et dont la (") Contribution à l'étude géologique du département de l'Indre, par

M. Henri LAME, 1889; G. Masson, éditeur.

fluoration 'a pu se continuer par la suite au contact de l'eau de la mer, de, manière k donner un produit -final plus ou moins voisin de l'apatite, tantôt un peu moins fluoré comme

Sernur, tantôt avec un certain excès de fluor, comme nous en trouverons des exemples dans les nodules Crétacés.

Sur les autres points abordés par M. Lasne, je ne puis que souscrire aux judicieuses inductions qu'il tire du minutieux: examen des gisements phosphatés de l'Indre. Dans les étages du système jurassique situés au-dessus du lias, il a été trouvé plusieurs niveaux phosphatés, notamment dans le bajocien dti Calvados et dePAnjou, dans l'oxfordien de la Nièvre et du Cher, dans. le kimmeridgiendu Calvados; mais aucun d'eux n'a été exploité.

LVII

Acide phosphorique Acide sulfurique Acide carbonique

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Terrain crétacé inférieur.

Sans nous arrêter aux rares nodules phosphatés qui ont été trouvés dans les couches néocomiennes et -aptiennes, arrivons tout de suite aux gisements si réguliers de l'étage' albien, qui ont été,. depuis près de quarante ans, l'objet de très nombreuses exploitations en France. Rappelons d'abord, en quelques mots, les débuts de cette industrie si importante.. Les nodules des sables verts, depuis longtemps connus dans les Ardennes, sous le nom 'de coquins ou de. crottes du diable, à raison de leur forme bizarre, mais dont 'on ignorait la nature, furent, pour la première fois, analysés par M. Meugy, en 1852 et f853; les premiers travatix, (l'extraction furent entrepris, en 1855, par M. Desailly, qui créa, en 1856, dans les environs de Grandpré, la première usine destinée à là pulvérisation des phosphates en France. En 1856, paraissait l'étude Magistrale d'Élie de Beaumont sur les gisements géologiques de phosphates et sin. -

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Torne X, 1896.

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