Annales des Mines (1896, série 9, volume 10) [Image 35]

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DE LA SPhÉOLOGIE

APPLICATIONS GkOLOGIQUES

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Nouveaux principes reconnus. Pour les températures de l'air et de l'eau des cavernes et des sources,, au contraire, j'ai pu formuler, à l'aide de plis

12°,5 à 25 mètres de profondeur; 15° à 90 mètres;

d'un millier d'observations, les nouvelles données suivantes : 1° la température de l'air des cavernes n'est pas constante ; -parties 2° elle n'est pas suniforme dans les diverses 3° celle de l'eau y-est sujette aux d'une même cavité;

M. E. Boegan a observé, le 9 février 1896: 9° C. à l'extérieur, 18° à 115 mètres, au fond du grand puits

TEMPERXTURES.

17° à 170 mètres ; 19° à 226 mètres (*). Dans l'abîme du cimetière, près Bassovizza également,

absolument vertical, 13°,5 à 201 mètres à l'extrémité de la galerie, longue de 181 mètres et inclinée à 30°, qui fait

elle diffère 5° les rivières englouties dans souvent de celle de,l'air ; les cavernes peuvent y produire, de l'été à l'hiver, des variations importantes, plus faibles cependant que .celles 6° la température des sources n'est de l'air extérieur ; pas toujours égale à la température moyenne annuelle du

mêmes variations et dissemblances ;

suite au puits (cette deuxième observation a été con-

testée). La moyenne annuelle de lalocalité est d'environ '10° (**). La raison de ces réchauffements est inconnue. Peut-être existe-t-il dans le voisinage une source thermale ignorée, comme le supposait Marcel de Serres à propos des trous de Monteils, près de Montpellier (***). Peut-être le calcaire est-il là moins fissuré et s'oppose-t-il à la descente

7° dans les abîmes verticaux, communiquant librement avec le dehors, il se produit une opposition complète entre la température de la saison chaude et celle de la saison froide, .sous l'influence- de la température externe (*). lieu ;

Je n'ai Anomalies géothermiques dans les abimes. Vigne-Close, Jean-Nouveau, jamais vu, même à Rabanel, Viazac (tous profonds de plus de 150 mètres), la température augmenter, comme dans les mines et les tunnels, avec la profondeur. Cela tient saris doute à 'l'extrême fissuration du calcaire et à la densité de l'air froid, qui tend toujours à se précipiter dans les fissures. Cependant deux faits contraires ont été récemment observés 'dans le Karst autrichien. A l'abîme de Kluc (Bassoviza, près Trieste), le 1° novembre 1.894, les premiers explorateurs (MM. Petritsch,

Perko, Citter, etc.) ont trouvé : 2°,5 C. à l'extérieur ; (*) V. Comptes rendus de l'Académie des Sciences, 12 mars 1894, et Les Abîmes, p. 391, 483, 485, 515 13 janvier 1896, 20 avril 1896; et 562.

de l'air froid en hiver. Il sera utile de multiplier les renseignements sur ce point. Les anomalies géothermiques des cavernes profondes méritent d'être étudiées. ORIGINE ET VARIATIONS DE L'ACIDE CARBONIQUE.

Une

des curieuses variations à examiner, dans les cavernes, -

est celle du niveau de l'acide carbonique, dans les rares endroits oh on l'a rencontré ; elles dépendent sans doute des changements qui affectent la pression atmosphérique.

.Le Creux de Souci de la coulée du Puy de Montchal (derrière le lac Pavin), en Auvergne, a montré ainsi les plus curieuses fluctuations dans sa couche d'acide carbonique :

.Gaupillat, Delebecque et moi avons été arrêtés à 4 mètres du fond le 19 juin1892 ; dans le second semestre de cette

almée-là, M. Berthoule y descendait sans encombre à' (*) V. Spelunca, n° 1 (1895), p. 43. (**)Spelunca, n° 5 (1896), p. 43. (**") V. Comptes rendus de l'Académie des Sciences, 29 mai 1837 ;

et Essai sur les cavernes à ossements, p. 29 (3° édit.).