Annales des Mines (1896, série 9, volume 9) [Image 102]

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DL TRANSVAAL

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LES MINES D'OR

Cette partie de l'opération est celle dont les résultats semblent, dès à présent, les mieux assurés. D'autre part, il -reste, sur la masse totale de slimes, ainsi classifiées, 60 p. 100 de slimes proprement dits, noyés dans un flot d'eau très abondant et qu'il s'agit de recueillir c'est là,

en -pratique, une chose fort compliquée ; car ces parcelles très fines sont un temps énorme avant de se déposer. On

espère activer suffisamment cette précipitation par un produit chimique gardé secret, dans lequel il. entre, parait-il, de la chaux, et on laissera se perdre l'excès qui aura refusé de se précipiter (*). Les slimes arriveront alors dans des cuves de cyanuration, où on les maintiendra au moyen de bras mobiles dans un état d'agitation continue (**). L'or des slimes étant à l'état de particules extrêmement fines,. parfois microscopiques, se dissout aisément à la condition de maintenir

les matières en suspension par une agitation continue ; mais il faut arriver à bien séparer la dissolution de cyanure d'or des slimes traités, avant de rejeter ceux-ci comme stériles; car tout ce qu'ils retiendraient de cyanure aurifère serait perdu, et c'est là également une question assez délicate:

Si l'expérience tentée réussit, on arrivera peut-être à

retirer les 2/3 de l'or contenu dans les slimes, ce

qui

représenterait environ 6 p. 100 de l'or total des minerais. Avec un chiffre de production qui dépasse 180 millions par an, la conséquence pratique, on le voit, serait énorme. Mais c'est à peu près la dernière limite qu'on puisse espérer atteindre dans cette voie et, quand on aura extrait ainsi près de 90 p. 100 de l'or contenu, il sera bien diffi-

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cile de récupérer le reste ; en effet, l'or ainsi perdu est, en grande partie, de l'or emprisonné dans des grains de quartz ou de pyrite, sur lequel les dissolvants n'ont pu agir. Pour l'extraire, il faudrait donc théoriquement reprendre et rebroyer les derniers résidus qui constitueraient des minerais à 2 ou 3 grammes d'or au plus : ce qui serait folie. évidente, alors qu'on laisse avec raison sans y toucher, dans le sol, des couches entières de minerais à 6 ou 7 grammes.

D'autre part, une petite portion de l'or pourrait bien encore être obtenue en prolongeant très longtemps l'action du cyanure ; mais, là encore, les bénéfices ne couvri-

raient pas les frais. Il faudra donc se résigner, de ce côté, à ne plus faire que des progrès relativement insignifiants.

En résumé, avec les procédés actuels, les frais d'exploi-

tation et de traitement par tonne métrique de minerai, non compris l'amortissement des installations, varient de 22 francs par tonne de 1.000 kilogr. à 80 francs et sont, en moyenne, de 32 à 35 francs, comme le montrent deux tableaux ci-joints, l'un donnant seulement le prix total, l'autre, le prix détaillé (*) : c'est-à-dire que la teneur limite à laquelle un minerai paye les frais est actuellement de 10 à 11 grammes, quand il s'agit d'une mine couvrant, en

même temps, ses frais généraux par des minerais plus riches, -et de 13 à 14 au moins, s'il s'agit de la moyenne réelle des minerais traités ; le surplus constitue le bénéfice.

(*) Les deux tableaux ne se rapportent pas à la même période de temps

M Cette partie des installations n'était pas encore construite lors de notre départ de Johannesburg, à la fin de septembre.

(**) On a également proposé d'opérer cette réaction dans des conduites en bois inclinées au milieu d'un courant d'eau, ou de faire arriver dans les cuves des jets d'air comprimé pour brasser constamment les slimes,

ce qui explique pourquoi les chiffres du total n'y concordent pas exactement. A la Crown reef, par exemple, les frais d'exploitation étaient de 30 fr. 90 en janvier 1893, de 29 francs en juin 1893 ; par une diminution progressive, ils sont arrivés à 20 fr. 40 en mars 1895.

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