Annales des Mines (1895, série 9, volume 7) [Image 254]

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SUR LA GÉOLOGIE DU CONGO FRANÇAIS.

SUR LA GÉOLOGIE DU CONGO FRANÇAIS.

ment la ligne de partage entre les bassins du Niari et du Congo. Ces plis, convergeant vers la boucle du Niari, forment autant de voies de pénétration possibles, dont la plus septentrionale, celle du Niari, peut seule nous mener au centre de l'Afrique. Nous avions déjà fait remarquer que la diminution de la zone cristallophyllienne vers le nord, en étendue et en cristallinité,

NOTE II.

permettait de franchir, par là, le massif ancien mis à nu par l'érosion, avec plus de facilité que dans le Congo. MM. Lamy et Alvernhe, et M. Marcel Bertrand, leur ingénieux et savant interprète, apportent un élément nouveau dans le débat : tandis que la voie belge doit recouper la majeure partie des plis de l'éventail dévonien, la voie française suivra l'un d'eux. Il reste à déterminer comment la partie rétrécie de l'éventail

se soude au massif de l'Ogooué (sans doute vers le bassin du Nianga). La question, intéressante au point de vue géologique, est d'ordre secondaire au point de vue industriel : le détour qu'il faudrait faire pour éviter les difficultés sérieuses du bas Niari (gorge de Koussounda), augmenterait sans doute beaucoup trop la longueur de la voie projetée. D'après MM. Lamy et Alvernhe, les affleurements des gîtes de cuivre seraient disposés sur la bordure nord de l'éventail dévonien, au pied des premiers plissements, dans les hautes vallées des affluents de gauche du Niari. Le minerai ne se montrerait que dans la formation calcaréo-schisteuse. Ainsi, la venue métallifère, en partie masquée par les grès, formerait une bande de 100 kilomètres de longueur, entre la Loemba, affluent du Niari, et Mindouli; elle serait antérieure au dépôt de ces grès. Cette théorie est absolument opposée à celle que nous avons précédemment émise et d'après laquelle la venue cuivreuse serait en relation avec les éruptions de diabase, contemporaines ellesmêmes des grandes cassures qui ont dessiné le continent africain. En d'autres termes, la venue cuivreuse serait hercynienne, non post-triasique. Cette nouvelle hypothèse, qui s'appliquerait aussi aux gîtes du Katanga, doit être mentionnée à côté de la nôtre. Les données sont encore trop incomplètes, M. Marcel Bertrand le constate lui-même, pour que la question puisse être définitivement tranchée. Il faudrait distinguer avec soin sur le terrain : les filons, les gîtes de Substitution, les gîtes de remaniement (comme celui de Tchidounda, près de Loudinia) et les gîtes sédimentaires. 21 novembre 1894.

LE MOYEN CONGO ET L'OUBANGUI.

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LA SANGA ET L'ADAMAOUA.

Nous avions d'abord limité notre étude à la région littorale du Congo français ; et nous n'avions dépassé le vaste marécage qui s'étend au confluent du Congo et de l'Oubangui que pour mentionner quelques roches rapportées par M. Dybowski de la route d'El Kouti, et analogues, par leur structure, à celles de l'Ogooué et du Kouilou. Après l'achèvement de ce premier travail, nous

avons obtenu, sur les nouvelles exténsions de la colonie, des renseignements assez complets pour que nous puissions essayer,

dès Maintenant, d'en esquisser les traits essentiels : M. Pond, administrateur colonial, a bien voulu nous communiquer les notes et les échantillons qu'il a recueillis pendant un séjour de plusieurs années dans le moyen Congo et dans l'Oubangui, et tout récemment dans la Sanga et dans l'Adamaoua. Moyen Congo. Le moyen Congo commence au Stanley-Pool, oit la région des cataractes est traversée; la profondeur de ce lac atteint, d'après M. Ponel, jusqu'à 900 mètres en quelques points, soit environ la cote 600 au-dessous du niveau de la mer ; il faut donc l'envisager, non point comme un simple t< étang »,

mais comme le résultat d'une importante fracture, située d'ailleurs, comme nous l'avons déjà fait remarquer, dans le prolongement du cours inférieur du Niger et des volcans du Cameroun.

En amont, apparaissent les quartzites décrits par M. Dupont et qui forment tantôt des falaises, comme les Dover Cliffs et tantôt des seuils, celui de Ntamo, par exemple. A Nganchou, un

poudingue grossier leur est superposé, mais bientôt, au confluent de la Nkéni, commence la zone marécageuse, déjà marquée sur la carte de J. de Brazza. Les alluvions et la vase s'étendent autour des confluents de la Sanga, de la Likouala et de POubangui, et jusque chez les l3aloï, par 1030' de latitude nord; c'est sur un îlot de poudingue, au milieu des marais, qu'est bâti le poste de Liranga, au confluent de l'Oubangui. La rive gauche apparaît d'abord plus nettement que la droite quand on remonte le Congo, elle est même accusée par quelques collines vers Tchoumbéri et Loukoléla ; mais, en amont, le maré-

cage déborde brusquement, forme l'immense lac vaseux de Mantoumba, et se relie au lac Léopold Il.