Annales des Mines (1893, série 9, volume 4) [Image 180]

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PROCÉDÉS D'ESSAI

l'occasion de l'essai de prise pourront donc être répétées

ici. Il faudra faire cet essai avec des mortiers où la

proportion d'eau, la compacité et la consistance seront maintenues constantes. Il y aura intérêt, comme quantité d'eau et compacité, à se rapprocher des conditions les plus fréquentes dans les travaux. Le second but, et de beaucoup le plus important, des essais de rupture, est de donner la mesure de la quan-

tité d'éléments réellement actifs renfermés dans le ciment. A ce point de vue il n'y a aucunement à se préoccuper de choisir un mortier plus ou moins semblable à celui des travaux, il suffit que ce mortier permette d'obtenir de la façon la plus précise possible le renseignement cherché. Il est bien évident a priori, et toutes les expériences le confirment, que pour obtenir une certaine proportion-

nalité entre les efforts de rupture et les quantités de matières actives, il faut que le vide offert au ciment soit le même dans tous les essais et ne change pas d'un ciment à un autre. Un même ciment ne donne la même résistance dans différents mortiers qu'autant que la compacité est la même : les mêmes conditions sont donc nécessaires pour juger de l'équivalence ou de la différence de ciments divers. Ce principe capital avait été énoncé très nette-

ment par M. Guillain dans son rapport, et l'on peut

s'étonner que la Commission d'unification l'ait abandonné sans aucune discussion, sans même peut-être s'en être rendu compte.

« Il est évident que les résultats des essais ne seront comparables que si toutes choses sont égales d'ailleurs : « 1° Quant à la compacité primitive du mortier, c'està-dire quant à l'étendue des pores à obstruer et à étrésillonner en quelque sorte par la cristallisation.... Supposons la proportion d'eau constante dans tous

les cas. Si le damage dans le moule est continué dans tous les cas jusqu'à ce que l'eau commence à suinter à la sur-

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DES MATÉRIAUX HYDRAULIQUES.

face du mortier, on peut être assuré que le degré de compacité sera presque constant. » On peut être d'autant plus surpris de voir la Commission renoncer à cette règle, que des expériences de l'un

de ses membres ont donné la consécration absolue du principe posé par M. Guillain, en s'inspirant de vues purement théoriques. M. Durand-Claye, dans une étude surie

choix du sable normal, a eu l'occasion de comparer des mortiers faits avec des dosages en eau différents et avec des sables de natures différentes. Il résulte de ces chiffres, que les mortiers faits avec des quantités d'eau constantes

et des sables différents, donnent des résistances identiques, tandis qu'en faisant changer même très peu la quantité d'eau, on fait varier considérablement la résistance. Poids d'eau constant et sable variable. EAU

pour 100 de

ARRACHEMENT

7 jours

ciment

11,6

Artificiel de Boulogne. Naturel de Leucate . .

de Boulogne. 41,6 }Artificiel /Naturel de Leucate . . 41,6

ÉCRASEMENT

NATURE DU SABLE 28

jours

7 jours

28 jours

RAPPORT

moyen

17,4 17,35

25,35 25,45

154 166

228

.

14,9

20,7

15

24

158 160

213 232

1,02

.

17,25

.

1Artificiel de Boulogne. . ?Naturel de Saint-Hilaire.

1Artificie1 de Boulogne. . 41.6 ?Naturel de Rosières. . .

245

0,95

23,5

-15,95

23,85

175 163

929 221

1,07

25,55

35,55 37,35

261 283

346 292

0,96

24,25

Les mortiers faits avec les sables naturels avaient une consistance beaucoup plus molle que ceux faits avec le sable artificiel, ce qui montre que la consistance initiale n'a pas d'influence sur les essais de durcissement final. La variation de la proportion d'eau recommandée par la Commission, qui a pour unique objet de donner aux mortiers des consistances analogues, n'est donc pas justifiée.