Annales des Mines (1890, série 8, volume 17) [Image 301]

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CONDITIONS DU TRAVAIL ET GRÈVE DE 1889

l'augmentation des salaires des mineurs, à la suite de la grève de mai 1889. Les plus fortes majorations ont été attribuées aux rouleurs dans les houillères où le gain de ces ouvriers était notoirement insuffisant (mines du Centre, de la Réserve), et la hausse des salaires, dans ces circonstances, a atteint jusqu'à O,60 et 0f,75 par jour. Ailleurs ce sont les piqueurs qui ont été spécialement favorisés ; leur gain quotidien s'est accru de 40 à 50 pfennigs, soit de O,50 à O,60, dans un certain nombre d'exploitations de la

Westphalie et de la Silésie. Dans le premier de ces bassins, comme l'indique l'un des tableaux précédents, un grand nombre de mineurs

ont eu, en quelque sorte, de l'avancement. La propor.

tien de ceux qui gagnaient plus de 4 marcs (5 francs) par jour est montée de 7 à 25 p. 100, de mars à juillet 1889. En même temps, celle des manoeuvres (les deux dernières catégories du tableau réunies) qui gagnaient moins de 2 marcs 1/2 (3',125) quotidiennement, est descendue de 31 à 20 p. 100 environ. Dans le bassin de la Sarre, les avantages faits aux mineurs des houillères royales paraissent un peu moins importants. Le salaire net moyen, qui était de 4`,01 pendant le premier trimestre de 1889, est monté à 4,26 en

DANS LES HOUILLÈRES PRUSSIENNES.

Les conditions particulières du travail des enfants et des femmes n'étaient pas visées par les grévistes, et n'ont pas été modifiées.

Le chômage du dimanche et des jours fériés, qui n'a soulevé aucune protestation, a été maintenu. Le temps dépensé par les mineurs, tant pour descendre dans la mine ou pour en sortir, que pour travailler sur les chantiers, c'est-à-dire la journée effective, a été l'objet d'une réduction générale. Cependant sa durée est demeurée, dans toutes les houillères, supérieure à 8 heures le minimum est de 9 heures. Aujourd'hui encore la journée de 10 heures est usuelle, bien que peu de travaux soient aussi pénibles que celui des mineurs. La grève n'a pas empêché la production du charbon

de se développer en 1889, d'abord en 'Westphalie, comme l'ont déjà montré les chiffres que nous avons donnés pour ce bassin, en traitant la question des heures

supplémentaires, ensuite (et surtout) dans les autres districts houillers de la Prusse. L'extraction totale du charbon, dans ce pays, en 1888 et en 1889, a été la suivante

Houille Lignite

juin, d'après les relevés officiels, augmentant ainsi de O,25 pour l'ensemble des ouvriers.

Finalement, la grève de 1889 a eu pour résultat immédiat une hausse générale des salaires, que les mineurs

travaillent à la tâche (à l'accord) ou que ce soit à la journée. C'était l'objectif principal des ouvriers. Il n'a été rien innové, en ce qui concerne les heures supplémentaires, dont la suppression n'avait pas reste, l'objet des demandes générales. De même pour la participation aux bénéfices.

fait, du

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1888

1889

59.475.351 tonnes

61.436.991 tonnes

13.907.888

11.205.967

72.683.239 tonnes

75.642.038 tonnes

L'excédent de 1889 est de près de 2 millions de tonnes de houille et de 1 million de tonnes de lignite.

D'un autre côté, la grève a déterminé une hausse générale du prix de la houille. Suivant le tableau ci-

après, qui a été dressé par l'Association des intérêts miniers, en -Westphalie, les prix se sont énormément élevés.