Annales des Mines (1889, série 8, volume 15) [Image 293]

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L'ÉCOLE DES MINES DE PARIS.

cembre 1815. Lefroy, qui avait déjà contribué à l'installation de l'École de Moutiers, en 1803, et au déménagement de la rue de l'Université au Petit-Luxembourg, fut chargé d'opérer ce nouveau déménagement et de faire à l'hôtel Vendôme les travaux strictement indispensables (*) pour que l'École pût fonctionner. Migneron lui fut adjoint

pour le déménagement et la réinstallation des collections (1. Les locaux loués à l'hôtel Vendôme étaient partiellement occupés par un détachement de soldats prussiens, dont il fallut tout d'abord obtenir l'évacuation avant qu'on pût sérieusement s'occuper de la nouvelle instal-

NOTICE HISTORIQUE.

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Belloy. Les cours commencèrent le 11 janvier 1816 avec le roulement normal à deux leçons par semaine pour chaque matière, le cours de minéralogie et géologie ayant été

seul rendu public par une décision spéciale de décembre 1815. En somme, l'École fonctionnait, en fait, à l'hôtel Vendôme, suivant les traditions anciennes, encore que ce ne dût être que par l'ordonnance du 5 décembre 1816 que son organisation devait être définitivement réglée. A la place de Descotils, décédé, et sur le refus de Gallois qui, par modestie, crut devoir décliner les fonctions

de professeur de docimasie et de directeur du labora-

lation (m). Grâce à l'activité et à l'habileté déployées par Lefroy, elle était assez avancée pour qu'au commencement de novembre 1815 les élèves pussent venir travailler à l'École dans les salles- d'étude. A la place de Collet-

toire, Berthier (*) en fut chargé, à la date du 24 mai 1816, et commença cet enseignement si original et si profond qu'il devait donner pendant 30 ans.

Descotils, empêché par la maladie, Lefroy, outre ses

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fonctions officielles d'architecte, remplissait en fait celles d'inspecteur des études. Les professeurs constituaient un comité d'instruction, que présidait leur doyen Baillet du (*) La dépense, y compris celle du déménagement, ne s'éleva qu'à une vingtaine de mille francs. Vuitry, dans son rapport sur la loi du 12 juillet 1837, a parlé d'une dépense de 50.000 francs. C'est exact, si l'on comprend les dépenses de premier établissement faites ultérieurement en 1819. Toutes ces dépenses furent aussi imputées sur les fonds provenant de Pesey. (*") Un choix d'échantillons dut être envoyé à l'Académie de Berlin. ("') Le chancelier de France Dambray, pressé d'occuper le Petit-Luxembourg, écrivait le 6 septembre 1815 au comte Molé « ... Les ingénieurs que vous avez bien voulu charger de cette opération (le déménagement) m'observent qu'elle se ferait d'une manière plus commode et plus expéditive si vous pouviez dégager l'hôtel Vendôme des prussiens qui occupent encore le rez-de-chaussée et dont le voisinage inquiète un peu pour la sûreté de la précieuse collection qui doit y être déposée ; il me suffit à cet égard de donner l'éveil à votre prudence pour que vous preniez toutes les précautions qu'elle vous su,ggèrera... »

Ehdtel Veneme et ses transformations successives.

L'hôtel Vendôme, où l'École des mines allait enfin trouver la stabilité nécessaire au fructueux développement de pareilles institutions, avait été élevé en 1707 pour les Chartreux, sur les dessins de Courtonne, amui(*) Berthier, né le 3 juillet 1782, mort le 24 août 1861, avait été de la promotion de 1801 qui, après un an d'études à Paris, dut aller achever son instruction à Moutiers; il y resta élève jusqu'en 1805, puis six mois comme ingénieur attaché à la direction de rEcole.

Berthier est resté professeur titulaire de docimasie jusqu'en 1845. Nommé professeur honoraire, il avait conservé son laboratoire à l'Ecole, à la demande de Dufrénoy. M. Daubrée a consacré à Berthier et à ses travaux, une notice détaillée parue dans les Annales des mines, 60 série, t. XV, p. 1. Il nous suffira de rappeler ici le caractère spécial et l'importance exceptionnelle de son enseignement par le développement donné aux Essais par la voie sèche, dont il a fait un traité resté justement célèbre. Tome XV, 1889.

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