Annales des Mines (1887, série 8, volume 11) [Image 5]

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CHEMINS DE FER ÉLECTRIQUES DANS LES MINES

face au moyen de câbles télodynamiques, a été employée en Angleterre, en Belgique, et en France, à Ferfay, à la fosse n°3. Nous ne savons pas quel peut être le rendement mécanique de ce mode de transmission dans le cas par-

ticulier de l'application aux mines mais il ne paraît pas très avantageux, à en juger par le prix de revient de 0,336 par tonne kilométrique utile obtenu à Ferfay pour ,

une production de 270 tonnes par jour, avec le système de la chaîne flottante (Evrard , Moyens de transport, t. II). L'air comprimé a été employé pour actionner des tractions mécaniques dans plusieurs mines (Raton de la Goupillière, Traité d'exploitation, tome I, page 787, note 1),

mais le prix de revient n'a pas été publié. Il parait être avantageux lorsqu'on dispose d'une installation déjà existante ; mais il exige des frais de premier établissement et cr entretien considérables qui ne sont à la portée que d'un petit nombre de mines

L'eau sous pression n'a pas encore été employée, au moins pour l'usage spécial des tractions mécaniques. Elle a du reste des inconvénients multiples.

A côté de ces deux agents de transmission est venu, depuis quelques années, s'en placer un nouveau, qui est comme eux un moteur de seconde main, l'électricité. Il y a lieu de dire également de l'électilcité considérée comme agent de transmission, ce que M. Haton de la Goupillière dit de l'air comprimé, qui est le « dépositaire souple et bienfaisant, au point de vue de l'exploitation souterraine, de l'énergie développée par un moteur distinct, mais infidèle, puisqu'a la perte déjà consommée dans le moteur proprement dit, il en superposera nécessairement une seconde pour le déploiement de la puissance dont il est le véhicule, et une troisième pour son propre transport. » Ce n'est pas non plus, logiquement, au point de vue économique que se recommande l'emploi de l'électricité

EN ALLEMAGNE.

mais elle rachète ce défaut par des avantages si importants en ce qui 'concerne l'intérieur des mines que son application, bien qu'encore à son début, ne peut manquer d'y prendre un grand développement. M. Raton de la Goupillière a donné (tome I, page 788, note 1) un résumé succinct de l'historique des essais de transport électrique du travail mécanique et indiqué les applications déjà réalisées en France, ainsi que le détail des pertes subies et le calcul d'un rendement d'après M. Tresca. Malheureusement les prix de revient de l'unité de travail ne sont pas connus.

Pour ce qui concerne plus spécialement les tractions mécaniques en palier ou en faible rampe, la transmission du travail par voie électrique présente en outre cet avantage considérable, qu'elle permet l'emploi des locomotives et réalise par conséquent tous les avantages que nous avons déjà exposés, sur les tractions mécaniques en supprimant entièrement câbles et mécanismes. On conçoit

donc déjà que, malgré le caractère onéreux d'un moteur de seconde main tel que l'électricité, on puisse encore trouver avantage à son emploi en raison de sa grande

souplesse, et de l'extrême simplicité de son installation.

Nous avons visité pendant un voyage de mission en Allemagne en 1884, trois installations de chemins de fer électriques dans des mines, à Zaukeroda, près de Dresde

(déjà cité par M. Raton de la Goupillière) à Beuthen (Haute-Silésie) et à Neu-Stassfurt. La présente note a pour objet de décrire ces installations, qui ont été faites par la Maison Siemens et Halske, de Berlin, d'examiner leur mode de fonctionnement et de donner les prix de revient de la tonne kilométrique utile que nous avons pu constituer approximativement, soit au moyen de chiffres déjà publiés (Oberbergrath Fôrster, directeur de la