Annales des Mines (1884, série 8, volume 6) [Image 132]

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AUX USINES DU CREUSOT.

234 ESSAIS EFFECTUÉS SUR UNE MACHINE CORLISS

travail de 175 chevaux, l'écart ne serait plus que d'environ 0",60 pour les deux marches suivantes : l'une à 7",75 avec enveloppe et condenseur ; l'autre à 5",50 avec enveloppe et compression, mais sans condenseur.

Avec un écart aussi faible, l'avantage du condenseur serait, dans ce cas, très discutable. 60 La machine Corliss expérimentée réalise la plus grande économie de vapeur, lorsqu'elle développe de 140 à 150 chevaux. Elle continue à donner d'excellents résultats lorsque le travail varie de 120 à 170 chevaux.

En deçà et au delà de ces limites, la consommation croît, parce qu'on est obligé de faire usage d'une détente trop faible ou trop forte. Si donc on désire, avec le type Corliss, effectuer un travail qui ne soit pas compris dans les limites précitées, il y aura lieu de donner d'autres dimensions aux cylindres, de manière à réaliser le travail voulu avec l'admission la plus avantageuse. 7° La marche la plus économique, lorsqu'on reste dans les limites de travail auquel la machine est appropriée, a lieu pour la pression de 7",75 avec enveloppe ; mais si on,abaisse la pression à 4",50, les consommations ne subissent qu'un accroissement très faible. Et, si on remarque,

d'une part, que la formation d'un kilogramme de vapeur à 7",75 exige une chaleur de vaporisation plus grande que celle d'un kilogramme de vapeur à 4",50, et réclame par suite plus de combustible ; d'autre part, qu'une chaudière est, toutes choses égales, d'autant plus coûteuse

que la tension de la vapeur est plus forte, et oblige à avoir des tôles plus épaisses, on arrive à cette conséquence pratique fort importante, que dans la machine Corliss la marche la plus économique a lieu pour une pression d'environ 4",50 avec emploi de l'enveloppe de vapeur.

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Enfin, nous devons ajouter que lorsque la machine Corliss devra effectuer un travail plus considérable que celui auquel elle était destinée, l'avantage de la condensation devient (comme nous l'avons établi précédemment), peu sensible ; il peut y avoir alors intérêt à supprimer le

condenseur, et à marcher avec échappement à l'air libre et compression de la vapeur dans les espaces morts (*).. Cette remarque doit trouver son application dans la pratique ; il arrive très fréquemment, en effet, qu'on est amené, dans l'industrie, à réclamer normalement à une machine un effort plus considérable que celui qui avait été primitivement prévu.

Nous devons, avant de clore ce chapitre, dire qu'Hallauer avait déjà reconnu que les détentes trop prolongées n'étaient pas économiques ; il avait indiqué, pour la machine Corliss, l'admission de 1/6 (16 p. 100) comme étant la plus avantageuse. CONSIDÉRATIONS THÉORIQUES.

Nous venons de montrer que les résultats fournis par les essais de consommation sont très différents de ceux auxquels conduirait une étude théorique, dans laquelle on admettrait que de la vapeur sèche et saturée est admise, puis se détend, dans un récipient imperméable à la chaleur.

Il reste à voir quelles peuvent être les causes de ces différences.

1° Calculs : 1° des condensations à l'admission; 20 des (*) Nous croyons devoir faire observer, en outre, que dans la marche sans condenseur, on peut réchauffer notablement, au moyen de la vapeur de l'échappement, l'eau d'alimentation et réduire ainsi la consommation de combustible à la chaudière.