Annales des Mines (1881, série 7, volume 20) [Image 185]

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NOTE SUR LES HAUTS-FOURNEAUX BELGES

de l'acide carbonique, dû à la réduction de l'oxyde de fer, et cet acide sera moins facilement ramené à l'état d'oxyde de carbone par le coke froid du centre que par celui du pour-

tour où circule rapidement, le long des parois, la grande

masse des gaz chauds du bas. Il suit de là que la consommation sera d'autant moindre, entre certaines limites bien entendu, que la colonne centrale, formée de coke, sera plus grande. Ainsi au fourneau de Monceau, où la consommation est moindre qu'ailleurs, le tube central a reçu im,5o dans une trémie de 5°o. Ce serait un exemple à imiter ailleurs; en tout cas, il faudrait évaser le tube central vers le bas. Voyons maintenant ce qui se passe sur le bord externe de la trémie. Là aussi la charge rencontre le vide; le minerai descend verticalement et s'éloigne de la paroi, tandis que le coke y forme un anneau peu tassé, facile à parcourir par les gaz chauds du bas. Ceux-ci atteignent le gueulard, en proportion d'autant plus forte, sans réagir sur le minerai , que le coke est plus abondant le long des parois. Or la largeur de cet anneau dépend des dimensions rela-

tives de la trémie et du fourneau. La largeur sera minimum si la trémie est légèrement co-

nique, comme la cuve, et placée sur son prolongement, comme au four n°1 de l'usine de Hautmont (fig. 5, Pl. VIII),

entre autres. Au four n° 2 de Hautmont, la trémie est, au contraire, trop petite (fig. 6) ; aussi la consommation y est-elle, par ce motif, plus forte. Les trémies ouvertes, employées en Belgique, laissent perdre du gaz, même quand elles sont pourvues de prises centrales. A ce point de vue, on doit leur préférer le sysème cup and cone, généralement usité en France. L'avantage est cependant faible et peut être même nul, lorsque le tube central est suffisamment grand ; car si la perte est per-

A L'OCCASION DU MEMOIRE DE M. JAUMAIN.

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manente avec les trémies, elle est du moins faible et partielle, tandis qu'avec le cup and cone elle est presque totale pendant la durée même du chargement.

En tout cas, le système des trémies ouvertes est plus

simple, moins coûteux et moins sujet aux dérangements que la cloche mobile. En Belgique on s'en contente, au reste,

parce que les gaz recueillis suffisent largement pour les chaudières et le chauffage du vent.

Il me reste à dire un mot au sujet de la grande différence de température des deux courants gazeux. Que la

colonne externe soit chaude, on ne doit pas trop s'en étonner. Il suffit de rappeler que les gaz montent rapidement, au travers du coke, le long des parois échauffées, sans réagir sur le minerai. Mais on pourrait croire que la transformation de l'oxyde de carbone en acide carbonique devrait élever la température des gaz du centre. Cela arriverait, l'oxygène en effet, si l'oxyde de carbone était brûlé par libre; niais ici l'oxygène est fourni par l'oxyde de fer. Or, comme l'observait déjà Ebelmen, la chaleur absorbée par la réduction de l'oxyde de fer équivaut à peu près à celle qui est produite par la formation de l'acide carbonique. Voici les chiffres exacts, d'après les recherches les plus récentes. Il faut trois équivalents de CO pour réduire un équivalent de Fe20'. Donc comme i gramme de CO développe 2.400 calories, on a pour 5 équivalents de CO, rapportés à l'hydroloo.800 calo2.400 gène Pris pour unité, 5 (6 -I- 8) ries. D'autre part, d'après Thomsen, i gramme de fer développe 1.688 calories, en se transformant en peroxyde; donc 1.688 deux équivalents de fer , réclament 2 >< 28 =94.528 calories, somme peu inférieure à la précédente ; et si l'on ajoute la chaleur absorbée par la déshydratation de l'oxyde de fer, on voit que la formation de l'acide carbonique, aux dépens du peroxyde hydraté, doit plutôt refroidir que réchauffer le courant gazeux du centre. La faible température relative de ce dernier est, par suite, tout à fait