Annales des Mines (1880, série 7, volume 18) [Image 92]

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ACCIDENT DU PUITS FONTANES

tres de la recette ; il fut repoussé par l'acide carbonique qui avait encore envahi la galerie et dut remonter au jour avec les ouvriers qu'il venait relever. On recommença alors à projeter de l'eau chaulée dans le puits et on continua cette opération pendant une heure, puis M. Julien décida que l'on établirait à la recette du niveau 246 un ventilateur à bras, et que l'on avancerait prudemment en allongeant les canaux d'aérage. Ce travail allait être terminé et il ne restait plus qu'à raccorder la ligne de canaux en bois placée dans la galerie horizontale, avec un coude déjà posé dans la

remontée, quand l'air, qui s'alourdissait, devint tellement mauvais, que tous les travailleurs durent fuir devant l'invasion du gaz et arrivèrent au jour fatigués et même souffrants. On se remit, de rechef, à jeter de l'eau chaulée en larges nappes dans le puits, et une nouvelle tentative fut faite vers 5 heures du soir; mais elle n'eut pas de succès, le mauvais air remplissait encore la galerie. Alors, dans le but de forcer la quantité totale du courant d'air à passer à l'avancement, on ferma le compartiment de sortie d'air au moyen d'un plancher étanche établi à o^',4o au-dessous du niveau 2 46. Vers minuit, M. de Place pénétra avec deux employés et un ouvrier dans la galerie pour juger de l'effet de cette opération, et il constata avec

étonnement que le sens du courant d'air était renversé. Dans ces conditions, il eût été imprudent de reprendre le déblaiement et, auparavant, clans le but de rechercher les

fuites et d'y remédier, on inspecta minutieusement la cloison et le compartiment de sortie. Cette dernière, surtout sur les 8o premiers mètres, n' était pas suffisamment étanche;

DES HOUILLÈRES DE ROCHEBELLE (GARD) .

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et Tamaris, d'envoyer de Bessèges le ventilateur qu'il avait gracieusement offert.

En même temps, les ingénieurs de l'État écrivaient à M, Graffin, directeur de la Compagnie des Mines de la Grand'-Combe, pour le prier de vouloir bien envoyer son ventilateur de secours. Le ventilateur de Bessèges, arrivé le 3o, vers 2 heures 1/2 après midi, fut installé sur le puits d'aérage par les soins du personnel de l'usine de Tamaris, qui manifesta dans ces circonstances un véritable dévouement ; et M. Escalle, direc-

teur de cette usine, voulut bien démonter sa défourneuse mécanique et procurer ainsi une locomobile destinée à faire mouvoir cet appareil. M. Graffin répondit avec empressement à l'appel qui lui fut adressé ; non seulement il expédia, dans la soirée, son

ventilateur, mais encore il envoya, pour l'installer, une équipe d'ouvriers intelligents et actifs, sous les ordres de M. Jalabert, ingénieur de l'extérieur. L'emplacement assigné à ce ventilateur fut le petit puits d'extraction p. Les ingénieurs de Tamaris prirent les dispositions nécessaires pour le faire actionner par la machine de ce puits et, dès

8 heures du soir, les ouvriers de la Grand'-Combe travaillèrent à préparer son emplacement. L'ordre et la rapidité avec lesquels ces ouvriers effectuè-

rent cette installation leur ont mérité les éloges de tous ceux qui les ont vus à l'ceuvre. Pendant que toutes ces opérations s'effectuaient à la surface, on exécutait à l'intérieur les barrages nécessaires.

l'air continuant à être inverse au niveau 246, on pria

Le ventilateur de Bessèges commença à fonctionner le Si juillet, à midi ; il débitait 2,394 litres par seconde pour une vitesse de 490 tours à la minute ; malheureusement, il ne parvint pas à rétablir le sens du courant d'air. Le ventilateur de la Grand'-Combe fut mis en mouvement, ce même jour, à 5 heures du soir, et paralysa bientôt l'action

M. Jouguet, directeur des fonderies et forges de Bessèges

de son voisin que l'on dut arrêter et boucher. A 7 heures i/4,

on trouva, de plus, qu'une bâche installée au niveau 55' laissait tomber de l'eau dans ce compartiment, et qu'une porte établie au niveau 125 était entrebâillée. On répara ces dernières défectuosités ; mais, malgré ces améliorations,