Annales des Mines (1880, série 7, volume 17) [Image 147]

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REVUE DE GÉOLOGIE.

En effet, les eaux météoriques se chargent fortement d'acide carbonique en s'infiltrant dans la terre végétale qui, d'après M. Bous-

singault, contient un air pouvant renfermer jusqu'à top. 100de ce gaz; en outre, elles se chargent d'acides provenant des matières

organiques et de la terre végétale; par suite, elles doivent dissoudre lentement et d'une manière continue le calcaire du soussol. L'analyse démontre du reste que, dans les sols calcaires, il y a toujours moins de carbonate de chaux dans une terre végétale que dans le sous-sol qu'elle recouvre. L'origine de cette argile rouge des plateaux calcaires peut être fort complexe. D'une part, elle est le résidu de la dissolution du cal-

MODIFICATIONS DES ROCHES.

spécial qui semble quelquefois les raviner et qui résulte d'une ablation ainsi que d'une rubéfaction de leur partie supérieure.

en suspension dans l'atmosphère et par les sables que les vents entraînent au loin. A différentes reprises, on s'est même demandé si l'argile rouge des plateaux n'avait pas, pour une certaine part, une origine cosmique?

D'après des recherches de MM. G. Tissandier et S. Meunier, elle renferme, en tout cas, des grains microscopiques de fer qui est allié à du nickel, comme dans les fers météoriques. Enfin, considérant que l'argile rouge remplit souvent des puits très profonds, d'Om ali us d' Hall o y et divers savants ont pensé qu'elle pouvait aussi être d'origine geysérienne et avoir été rejetée de l'intérieur de la terre. Quoi qu'il en soit, l'argile rouge s'observe constamment à la surface des plateaux calcaires, où elle résulte, au moins en partie, d'une ablation et de l'action de l'atmosphère. Dans les environs de Paris, lorsqu'on compare le (Illuvium rouge

des plateaux au diluvium gris occupant le fond des vallées, on constate entre eux des différences tranchées. Indépendamment de ce que le premier présente une couleur rouge et se trouve à un niveau plus élevé, il ne contient pas de fossiles; bien qu'il renferme des blocs erratiques pouvant avoir été transportés d'une grande distance, ses gros débris sont souvent peu roulés et proviennent en partie des terrains sous-jacents ou de ceux qui, à l'amont, se trouvent en place dans les environs. La formation du diluvium rouge a pu avoir lieu à toutes les époques, et son âge n'a d'autre limite inférieure que l'âge des terrains sur lesquels il repose. Sur les plateaux, il est plus ancien que le diluvium qui marque l'origine de la période quaternaire. D'un autre côté, le diluvium gris ou le diluvium jaune des vallées peuvent eux-mêmes être recouverts par un diluvium rouge

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Ce dernier diluvium rouge est plus récent que celui des plateau i. et habituellement moins épais. Comme M. Van den Broeck , je

suis porté à croire qu'il ne constitue pas un dépôt de transport particulier, mais qu'il s'est formé sur place par l'action combinée de l'atmosphère et des eaux pluviales qui, s'infiltrant dans le so I, ont donné lieu à une rubéfaction à sa surface.

Métamorphisme spécial,

caire et elle a été engendrée par ablation. D'autre part, elle doit s'accroître des dépôts formés par les poussières impalpables tenues

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Fulgarite. M. Ferd. Roemer (i) a étudié avec M. SchneiSTARCZYNOW. der les fulgurites qui s'observent en très grand nombre dans le sable quartzeux de Starczynow, près d'Olkusz, en Pologne. Ces fulgurites forment des tubes irréguliers dont l'épaisseur moyenne est d'environ o',09.5, mais qui peuvent aussi atteindre la grosseur du bras; on en a même extrait dont la longueur dépassait 2 mètres. Leur section est arrondie ou aplatie, ou même angu leuse. Pour des tubes de la grosseur du doigt, l'épaisseur des parois est habituellement de i à 2 millimètres. Les parois des petits tubes sont souvent traversés, sur certains points, par des canaux microscopiques arrondis ; elles sont aussi translucides et très friables. Le sable qui les entoure est devenu d'un rouge brique mat, jusqu'à une distance de 7 centimètres. A l'extérieur des fulgurites, on distingue encore les grains de quartz ; toutefois ils sont devenus blancs et ont perdu leur transparence; à l'intérieur, leur fusion a été complète et ils ont donné une masse vitreuse amorphe. Une carte indiquant l'emplacement de 26 fulgurites trouvées par M. F. R oe m 6 r à Starczynow, montre clairement qu'elles ont une

tendance manifeste à s'aligner suivant des traînées dirigées du N.-E. au S.-0. (2).

M. Ge initz (5) a également donné une desGROSSGLOCKNER. cription des effets de fusion qui ont été produits par la foudre sur le sommet du Grossglockner.

Calcaire gnétantorpbosé en tut ait voisinage du basalte. VICENT1N. MM. Hébert et Mun ier-Chalmas (4)ont observé Nues Jahrb., 1876, 33. Revue de géologie, XIII, 9.1l. Gesellscharl Isis, 1875, 641. Comptes rendus, LXXXV, 1878.