Annales des Mines (1879, série 7, volume 16) [Image 142]

Cette page est protégée. Merci de vous identifier avant de transcrire ou de vous créer préalablement un identifiant.

260

EMPLOI DE L'ÉLECTRICITÉ

Les résultats ayant été très-satisfaisants, on a généralisé

l'emploi de la machine Bornhardt dans les ruines de la compagnie de Blanzy en l'employant notamment dans tous les cas où l'on avait à se précautionner contre le grisou : en effet,

si le tirage à la poudre est généralement interdit

dans les chantiers grisouteux, il est des cas où cette prescription devient fort gênante, par exemple lorsqu'il s'agit d'abattre une barre de rocher dans la couche, ou de poursuivre un travers-bancs au voisinage d'un soufflard : l'allumage électrique permet de faire partir les coups de mine alors que tous les ouvriers sont sortis et sans courir aucune chance de danger ; lorsqu'il s'agit d'un fonçage, c'est le chef de poste lui-même qui sort le dernier du puits, après avoir vérifié l'état des amorces, l'isolement des fils, et qui

manuvre lui-même l'appareil électrique ; on s'exempte ainsi totalement de cette obligation toujours inquiétante d'enlever rapidement l'ouvrier du fond lorsqu'il a donné le signal et mis le feu aux étoupilles, de façon à le soustraire aux conséquences de l'explosion. Un seul accident, d'une nature tout à fait exceptionnelle, s'est produit le 22 septembre 1878 au puits Saint-Amédée; sept coups cle mine, contenant ensemble i',400 de dynamite avaient été préparés au fond ; les ouvriers étaient remontés au jour et groupés autour de la machine électrique; sur le couvercle en bois de cette machine on avait déposé la petite boite en carton dans laquelle on avait pris 5 cartouches de dynamite n° i et dans laquelle il l'estait encore 25 cartouches représentant un poids de 2',5oo; au moment où l'on lit partir l'étincelle en pressant le bouton, cette provision de dynamite fit explosion en même temps que les coups de mine du fonçage ; trois ouvriers furent tués, douze ouvriers situés dans un rayon de 5 à 7 mètres furent vio-

lemment renversés sur le sol ; un seul d'entre eux a été grièvement blessé. La machine dont on faisait usage était une machine Born-

POUR LE TIRAGE DES COUPS DE MINES.

261

hardt à deux plateaux, à deux bouteilles de Leyde, semblable à celle que nous avons décrite ; on a fait venir une machine identique avec laquelle nous avons fait de nomexpériences dont le principal résultat a été de faire breuses rejeter successivement toutes les explications auxquelles on électrique avait pu d'abord songer : on sait que l'étincelle si est incapable de faire exploser directement la dynamite; l'étincelle est assez puissante, elle peut tout au plus enflammer la dynamite, qui brûle alors comme si on l'avait allumée, mais ne détone pas; on sait encore qua le voisinage d'une masse de dynamite qui fait explosion peut déterminer la détonation d'une cartouche placée à une certaine distance ; mais cette explosion est la conséquence des vibrations transmises par le sol sur lequel sont placées les deux charges, car la transmission n'a plus lieu si la cartouche est suspendue en Fair, même fort près, et les expé-

riences ont montré que cette distance était toujours fort restreinte; on l'a exprimée, à la suite de nombreux essais (1, par la formule D = 5,00 C,

dans laquelle C exprime en kilogrammes la quantité de dynamite qui fait explosion, et D la distance en mètres à laquelle se trouve la cartouche soumise à l'expérience. Cette formule devient

D=

7,00 C,

dans le cas le plus favorable, c'est-à-dire lorsque le sol est remplacé par une barre de fer qui transmet plus facilement les vibrations (*).

Or, dans le cas dont il s'agit, l'explosion produite au fond du 'puits et dans des trous de mine se faisait à (*) C3S renseignements résultent d'expériences faites dans les écoles du génie et rapportées dans les tomes XXII et XXIII du Mémorial de l'officier du génie.