Annales des Mines (1879, série 7, volume 16) [Image 45]

Cette page est protégée. Merci de vous identifier avant de transcrire ou de vous créer préalablement un identifiant.

66

PROGRÈS RÉCENTS DE L'EXPLOITATION DES MINES

, avaient exposé au Champ-de-Mars. Il en existe également (i) dans les houillères de Pensher (Durham), qui pèsent 711 kilog. en tout, et marchent à la pression de 111 kilog. par centimètre carré, avec des cylindres de om,io de diamètre et e,so de course. On traîne ainsi deux à trois tonnes en palier sur le pied de to à t3 kilomètres à l'heure. M. de Qu il lacq, à Anzin, en a construit (2), pour la société générale des moteurs à air comprimé du système Mékarski, pour

une voie de 0,60 sur tmoo de largeur et s,55 de haut. Le réservoir d'air comprimé cube t.30o litres et renferme 56 kilog. d'air à 30 atmosphères. La bouillote contient 75 litres d'eau chaude. L'écartement des essieux est de 0'.80. Le diamètre des roues o",45; le poids total en charge ,3oo kilog. Dans ces conditions chaque kilogramme d'air peut fournir la traction d'une tonne kilométrique en supposant une résistance de voie égale à 's",5 par tonne. Ces locomotives sont destinées aux mines de Graissessac.

Locomotives routières. - En ce qui concerne les transports au

jour, les petits chemins de fer à voie étroite avec locomotives appropriées sont souvent employés par les Compagnies des mines. Il suffit de citer à cet égard : Rochebelle (Alais) (31; la Compagnie de l'Aveyron, pour relier les gîtes de Mondalazac, Kaymar et Lunel avec les usines vie Firmy et Decazeville (4), Mokta-el-I-ladid. Ergastiria (Laurium), Saint-Léon (Sardaigne), etc. Les locomotives routières ont également joué un rôle, à la vérité

très-restreint, pour les transports de minerais, par exemple à

Sainbel. On en a essayé à quatre roues, et aussi à trois roues pour moins fatiguer la route, en y traçant trois ornières, avec un tiers du poids, au lieu de deux ornières parcourues deux fois par un quart du poids; mais ce dispositif a peu réussi. On traînait ainsi 16 tonnes et même 20 dans les moments où la route était en bon état. Ce moyen de locomotion est du reste beaucoup plus développé en Angleterre et en Amérique qu'en France. M. Bolley (du Mans), a construit une locomotive routière qui a été remarquée (5), et qui renferme des organes très-intéressants au point de vue cinéma(i) Glasgow Herald du 3 août 1878. Compte rendu mensuel, Chaussette, septembre 1878, page 208. Appareils exposés par la société générale des moteurs à air comprimé, système Mékarski. Paris, chez Ethiou-Pérou, p. 20. Ledoux, Annales des mines. 7e série, tome V, page 329. Compte rendu mensuel, avril 1877, Page 3. Tresca, Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. LXXXI, p. 762.

ET DE LA CONSTRUCTION DES MACHINES A VAPEUR.

67

,O:lue. On introduit progressivement l'acier dans ces machines. Les bielles d'accouplement sont sujettes à se déjeter dans les porte-

à-faux de la route, et il convient de les supprimer en les remplaçant par des engrenages. On a essayé les bandages élastiques sur les larges jantes pour augmenter l'adhérence, comme dans la locomotive Thomson, dont les roues sont garnies de caoutchouc. Mais on y a presque universellement renoncé, et on les remplace par des bandes diagonales en acier. On tend à augmenter également le diamètre des roues pour diminuer la résistance à la traction. li atteint souvent i,6o. M. Fowler l'a même poussé jusqu'à 2,44. La locomotive routière Bède a aussi des roues énormes, mais une masse bien grande pour être d'un usage vraiment pratique. Celles de MM. Aveling et Porter, de Rochester, qui figuraient à l'Exposition de Vienne ( i) sont plus maniables. Dans les machines de Marshall, un bâti spécial empêche la transmission des efforts à la chaudière, qui est ordinairement la conséquence de leur association avec les cylindres, comme dans les anciennes locomotives de James Anderson, Scott Russell, etc.

Tractions mécaniques. - La nécessité qui s'impose aujourd'hui d'appliquer dans une certaine mesure au roulage souterrain, comme aux autres branches de l'art des mines, les moteurs mécaniques, et la difficulté d'y parvenir avec les locomotives, ont donné naissance aux tractions mécaniques. C'est surtout en Angleterre qu'elles se sont développées avec exubérance depuis une vingtaine d'années. Elles ont fait plus récemment leur apparition en France, et depuis cinq ans environ elles s'y sont multipliées, peut-être même avec un peu d'engouement. La Compagnie d'Anzin en a établi trois : à la fosse Thiers, à la fosse Réussite et à Bleuse-Borne les mines d'Aniche (2), de Liévin, de Ferfay, de Blanzy, de Molières,

de Sainbel, de Filhols, etc., ont également monté de très-belles tractions mécaniques. Il en existe six dans les houillères de SaintÉtienne.

La tendance toujours plus marquée à la grande concentration des travaux sur des points qui deviennent en quelque sorte cleb foyers de production, avec l'emploi de puits moins nombreux armés de machines de plus en plus puissantes, réclame naturellement le secours de ce moyen de transport. Il procure en outre une économie sérieuse quand on opère sur de grandes masses et de Tresca, Bulletin de la Société d'encouragement, 3. série, t. Il, p. 533. Avec une machine installée au jour.