Annales des Mines (1879, série 7, volume 15) [Image 196]

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EXPÉRIENCES SUR L'INFLAMMABILITÉ

DES POUSSIÈRES CHARBONNEUSES.

employer un mode d'expérimentation un peu moins rudimentaire, et ils eurent alors recours à un appareil d'explosion analogue .à celui dont M. Galloway s'était servi un an auparavant.

rant d'air ; ils placèrent ensuite sur la paroi et sur le plancher de la boîte de la poussière de charbon préalablement séchée et tamisée ; ils constatèrent alors que fa flamme du

Cet appareil (fig. to, Pl. VI) se compose d'une boîte rectangulaire ABCD, en sapin, de 2m,5o environ de longueur, 2 mèt.

de large et om,25 de haut. A l'un de ses bouts elle vient se raccorder à un conduit rectangulaire EF également en

bois, et ouvert à ses deux extrémités. L'une d'elles est mise en communication avec l'ouïe d'un ventilateur Guibal,

l'autre reste libre et sert à l'entrée de l'air. Une petite cloison (brattice), qui règne sur toute la hauteur de la boîte la divise en deux parties symétriques ; elle se termine dans le conduit de tête par une porte H, servant de vanne régulatrice, et à l'autre bout elle s'ar rête un peu avant d'arriver à la paroi de la boîte, de façon à laisser entre elle et cette paroi un passage au courant d'air ; celui-ci peut alors contourner la cloison avant de se rendre au ventilateur, et sa vitesse est réglée par la vanne. Trois regards V1, V,, V, sont placés sur l'une des races latérales de la boîte, et trois autres V, V. ,V, sur la face opposée en face des premiers. Sur les côtés de la cloison on a disposé de petits bois d'étais et de garnissage destinés à figurer une galerie de mine. Enfin sur les deux faces de cette cloison se trouve une graduation formée de petites lanières de papier blanc collées verticalement tous les om,25, et prolongées sur le sol de la boîte. La face de derrière de la boite porte deux trous dans lesquels sont chevillés deux canons miniatures Z Z. On trouvera dans le Bulletin du « Chesterfield Institute », une relation détaillée des expériences faites avec cet appareil à la houillère de Elswick, aux environs de Newcastle. Les auteurs commencèrent d'abord par une expérience it.blanc ; la boîte étant vide, le coup de canon ne produisit qu'un peu de fumée qui fut bien vite dissipée par le cou-

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coup s'allongeait davantage. L'allongement de la flamme, son aspect, les effets produits sur la cloison et les étais, furent ainsi l'objet de seize observations successives. On fit varier les divers éléments

de l'expérience, la nature du poussier, la vitesse de l'air (11",8o à 2-,4o par seconde), la charge des canons, en maintenant toutefois cette charge en proportion avec l'échelle de la boîte (3o à 120 grains de poudre) et bourrant légèrement. On se servit, tantôt d'un canon, tantôt de l'autre, de manière à tirer dans les sens du courant d'air ou en sens contraire, etc. Les observateurs remarquèrent, entre autres choses, que

les effets de l'explosion étaient beaucoup plus intenses lorsque les deux coups étaient tirés presque simultanément,

par exemple une seconde l'un après l'autre. Le second partant avant que la poussière soulevée par le premier ne soit retombée, les conditions des explosions de Fowler et de Campagnac se trouvaient ainsi à peu près réalisées. L'appareil était par lui-même assez imparfait, et on ne tarda pas à en acquérir la certitude. La boîte se disloquait assez vite, les réparations étaient difficiles, la mise en train des expériences fort longue. Tout cela était d'autant plus fâcheux, qu'il était nécessaire d'opérer par des temps trèssecs et dans des conditions hygrométriques assez rares sous le climat de Newcastle, pour qu'il y eût intérêt à se trouver toujours en mesure de profiter des occasions favorables. C'est ce qui engagea MM. A. Freire Marreco et D. P. Mo-

rison, à modifier un peu leur appareil et à transporter le lieu de leurs expériences à la mine de Harton, près SouthShields (Durham). Les propriétaires de cette mine, qui s'intéressent vivement à la question, mirent à leur disposition