Annales des Mines (1878, série 7, volume 14) [Image 182]

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EXPLOITATION DE LA HOUILLE

DANS LE SUD DU PAYS DE GALLES.

à assurer les communications et l'aérage. Parfois on réserve deux galeries. La largeur des chambres est alors portée à 20 mètres et on donne 13 à 14 mètres aux piliers

courbure. L'aérage est dirigé de manière à balayer les

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intermédiaires.

Quand les chambres sont achevées, on procède à l'enlèvement des piliers. Les massifs de protection sont conser-

vés jusqu'à ce qu'on n'ait plus besoin des galeries correspondantes. La fig. 1, Pl. X, montre la disposition générale du travail. Les galeries de traçage sont partiellement remblayées: on les perce d'abord sur une largeur aussi grande que le permet la solidité du toit, puis on les ramène par le remblayage à une largeur de 2 mètres. Cette méthode s'applique surtout aux couches de la série pennantienne. Elle tend, depuis quelques années, à disparaître devant la suivante. Dépilage par grandes tailles (long-wall).- Cette méthode qui, suivant M. F. Brown, augmente la production de gros, simplifie la ventilation et diminue le travail des ouvriers, s'emploie chaque fois que le toit est assez solide pour pouvoir être maintenu simplement par quelques chandelles et pour s'affaisser avec lenteur en arrière du front de taille. Parfois, au contraire, c'est à cause des trop grands mouvements du toit que la méthode des grandes tailles devient une nécessité, parce que les piliers réservés se détérioreraient trop vite; mais alors l'application est difficile, et il

faut un avancement rapide pour que le toit n'ait pas le temps de se briser. On opère d'habitude par tailles montantes, les fronts de taille s'étendant perpendiculairement aux headings. Mais ceci n'a rien d'absolu, et dans les couches presque horizontales, on ne se préoccupe guère de la pente. Ainsi, dans la mine cl'Aberaman (vallée d'Aberdare) on trace, perpendiculairement aux headings, des galeries de second ordre; puis les unes et les autres sont avancées simultanément dans le charbon, le front de taille présentant alors une forte

fronts de taille dans toute leur longueur (PI. X, fig. 2).

En regardant le plan d'une mine exploitée depuis plusieurs années par la méthode des grandes tailles, on distingue facilement un triple système de galeries : 10 Les grandes galeries de roulage, espacées en moyenne de 90 à foo mètres, qui aboutissent à la mère-galerie ; 2° Les galeries de traçage, ou headings, reliant les voies de roulage au front de taille. Leur écartement est de 20 à 3o mètres. 5° Les galeries de travail, aboutissant aux headings et distantes de 8 à fo mètres. A mesure que le travail avance, on remblaye la plupart des galeries de travail. Le système des grandes tailles a été d'abord employé pour les couches de la série de White ash, et spécialement pour le Four [cet d'Aberdare. Aujourd'hui on le rencontre un peu partout. Presque toujours, dans le Pays de Galles, le toit travaille énormément, et l'on a été conduit dans beaucoup de mines à un mode de remblayage fort coûteux. De place en place, on élève des piles de bois, formées par des morceaux ronds ou équarris de o,6o de longueur, disposés en échafaudage (Pl. X, fig. 5). Dans les intervalles de ces piles, on accumule à la pelle les menus et les stériles, parfois même on y jette des morceaux de bois. Dans une des plus belles mines du pays, celle de Lower Dullryn (vallée d'Aberdare), on consomme parfois jusqu'à 100 kilog. de bois par tonne de houille extraite. Ce bois revient à 3o',5o la tonne. On dépense donc 3,o5 de bois par tonne de houille. Ce chiffre est heureusement exceptionnel.

Il n'en est pas moins évident qu'il y a là une

source de frais considérables. Les exploitants prétendent que tout autre système ne résisterait pas à la poussée des terres.