Annales des Mines (1877, série 7, volume 12) [Image 68]

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SUR LA SUBDIVISION DE TLEMCEN.

NOTICE GÉOLOGIQUE

teillent colorées en rouge par l'oxyde de fer, au point de simuler souvent à quelque distance de notables affleurements ferrifères. Il est évident que ces îlots sont formés par l'une des deux assises de poudingues des Traras, dont les éléments sont très-atténués en raison de l'éloignement des roches dures et du peu de dureté des roches voisines qui ont fourni des débris, le tout coloré accidentellement en dehors du type normal. Mais à laquelle des deux assises les faut-il rapporter? Je pense pour ma part que c'est à la deuxième. Si, en effet, on les rapportait à la première, toute l'assise marneuse et ce qu'elle supporte ayant disparu dans cette hypothèse, il faudrait supposer entre les dépôts cartenniens et les dépôts helvétiens une immense dénudation qui exigerait toute une époque géologique pour avoir pu s'accomplir. Pour ces motifs, je ne pense pas que cette hypothèse soit admissible. Il est vrai que l'assise quartziteuse manque

toujours ; mais elle n'est pas constante dans le massif même des Traras, et'elle peut n'être qu'un facies local du haut de la deuxième assise de poudingues. Si maintenant nous rapprochons la zone méridionale et la zone septentrionale, que faut-il penser de leurs rapports? Il est évident que dans la zone du nord, rien ne rappelle l'assise blanche si caractéristique dans la zone du sud; mais dans cette dernière zone, si l'on fait abstraction des calcaires considérés comme récifs côtiers, il n'y a au-dessus de l'assise blanche qu'une puissante assise de poudingues avec divers facies locaux. Il paraît naturel de l'identifier à la première assise des Traras, et par suite on est amené à admettre pour l'ensemble du terrain cartennien la coupe que voici puissance 10 Grès calcaires à grosses huîtres rondes, 20 mètres environ ; 20 Assise blanche,

5o mètres au moins; 5° Première assise de poudingues, 200 mètres au moins;

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50o mètres au moins ; 4. Assise marneuse, 5° Assise de poudingues (avec assise quartziteuse locale) , 200 mètres environ, ce qui donne une puissance totale d'au moins 800 mètres en chiffres ronds. Si cette coupe est bien l'expression de la réalité, comme

je le crois, les calcaires de la zone méridionale devront donner une faune identique à celle de la première assise des Traras. Ces vues sont donc susceptibles de vérification, et pourront être confirmées ou infirmées par des observations ultérieures.

Je n'insiste pas ici sur les phénomènes d'arrivée du fer dans les îlots de la basse Tafna, ayant traité cette question

récemment dans le mémoire sur la région ferrifère des Ouelhassa. 1.I.° Terrain helvétien.

Miocène.

Ce terrain est le plus étendu en surface clans la région du Tell de la subdivision de Tlemcen. Il est le plus souvent peu dérangé et les couches sont généralement peu écartées

de l'horizontale. Néanmoins il est fortement relevé sur certains points, notamment à Rom el Rossel, où un mouvement du système de l'Erymanthe l'a redressé avec vigueur; mais cc mouvement, qui se suit bien en direction, ne tarde pas à s'effacer transversalement à sa direction.

L'Helvétien contient de grandes quantités de marnes très-délitescentes qui s'éboulent presque partout sur les parois des vallées creusées dans ce terrain, de sorte qu'il n'est pas très-facile d'en faire une coupe détaillée. Je crois

pourtant qu'en rapprochant toutes les observations, on peut définir ainsi qu'il suit, un peu en gros, il est vrai, la composition minéralogique qu'il présente. A la base se trouve une puissante assise arénacée ; elle débute par des poudingues à gros et moyens éléments qu'on

peut observer notamment autour de Sidi Medjahed, à Remchi et au pied oriental de la chaîne des Traras en divers