Annales des Mines (1875, série 7, volume 8) [Image 189]

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DEVERS MODES DE STRUuTURE

M. Cohen (i) publie, la même année (1871), des observations entièrement analogues sur les porphyres de 1,0distinction entre les denwald ; il cherche à établir une roches globulaires et sphérolitiques ; pour lui les globules régulièrement or(Kugel) (2) sont composés d'éléments le centre présente souvent donnés et individualisés, dont des cavités, tandis que les sphéro lites se composent simplement d'une pâte rayonnée, et ne sont jamais d.rusiques. Si M. Cohen avait entendu séparer nettement les vacuoles remplies après coup, comme celles de maintes porphyrites, des sphérolites proprement dits qui sont promorphiques, nous adopterions volontiers cette séparation ; mais il est facile de se convaincre (5) que pratiquement M. Cohen paraît avoir rangé toutes les pyromérides à gros éléments dans les roches globulaires; or la matière des globules n'y est pas plus individualisée que dans les roches spbérolitigues ; il reconnaît d'ailleurs la proche parenté des globules et des sphérolites, et leur coexistence fréquente dans les mêmes roches ; réduite à de pareils termes, la distinction nous paraît séparer des phénomènes que tout concourt à identifier. M. Kalkowsky, dans son mémoire sur les porphyres de la Saxe, dit que sur cinquante variétés étudiées, il n'en a trouvé que deux franchement sphérolitiques. L'examen des roches que nous avons recueillies en France (4) nous a amené à cette conclusion que tous les porphyres acides, présentant des traces de fluidalité, sont, (i) Die zur Dyas geerigen Gesteine des südlichen Odenwaldes, Heidelberg, 1871.

(s) Ibid., p. 85. (5) Ibid., p. 89. (h) Porphyres bruns et amarantes du Var, p. bruns de Lugano (Cugliate, Grantola), p. bruns de Montreuillon (Nièvre), p. violets près Avallon (moulin Cadoux, Presle), p. violets des Vosges (Brehimont), p. violets de la Creuse, p. bruns et blancs de Sincey, eurites de la Selle près Autun, de Bourganeuf.

DES ROCHES ÉRIEPTEVES.

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par places, spliérolitiques. Les environs de Mo.ntreuillon (Nièvre) offrent de beaux exemples de ces deux structures; ainsi les porphyres de l'aqueduc et du Haut-Mont (fig. 8, Pl. IX) sont surtout fluidaux ; ceux de la carrière de Mont-

Chérus (fig. to, Pl. X) présentent une pâte entièrement sphérolitique, et les globules, bien visibles à un grossissement de 250 fois, sont tous pourvus d'une croix noire trèsrégulière sous les Nicols croisés. Dans son cours professé à l'École des mines, M. de Chancourtois a, depuis longtemps, fait ressortir la curieuse association des structures rubanée et globulaire, très-visibles à l'oeil nu dans quelques échantillons de la pyroméride de Corse ; seulement il compare les roches sphérolitiques aux vacuolaires, et c'est par l'allongement des globules ou des vacuoles qu'il entreprend d'expliquer les phénomènes de rubanement de la pâte.

Pour nous, les traces de la structure fluiclale sont des indices de la nature pâteuse qu'a possédée la roche avant sa consolidation définitive, et de l'état incomplétement cristallin de son magma ; or la structure sphérolitique est également une conséquence de la lutte entre l'état amorphe

et l'état cristallin, et il est naturel de trouver ces deux structures réunies dans les mêmes roches. C'est dans les porphyres encore bien fluidaux (1) que le phénomène sphérolitique est le plus instructif. Ils présentent, par places, des traînées plus cristallisées que l'ensemble de la pâte ; dans ces traînées orientées suivant la fluidalité, on distingue généralement trois zones concen-

triques dont la plus intérieure est composée de quartz récent entièrement cristallisé. Puis viennent de petits microlites dont les caractères optiques sont ceux de l' orthose

et qui, implantés sur le bourrelet marginal de la pâte, (1) Les porphyres de Montreuillon et de Bréhimont montrent nettement, en masse, leur fluidalité générale à l'ceil nu.