Journal des Mines (1810, volume 28) [Image 33]

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Argilolite

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SUBSTANCES DES .61:PART. DU MORBIHAN,

où elle est quelbords des couches naturelles' fois un peu plus claire, quand la surface a été exposée à l'action de l'atmosphère. Cette argilolite est médiocrement douce au toucher ; elle happe peu à la langue, ne se dis-

sout pas dans l'eau, et n'y forme 'pas pâte,

quoiqu'employée à ferrer les routes, elle soit peu solide et paraisse se détruire promptement ;

elle ne fait pas effervescence dans les acides; chauffée au chalumeau, elle devient d'un brun plus fauve tirant au rougeâtre , et finit par se fondre difficilement en émail brunâtre peu foncé en couleur ; sa cassure examinée à la loupe, paraît terreuse et homogène, si ce n'est qu'elle présente quelque petites paillettes de mica ; pesanteur spécifique est de 2,6o6, et elle imbibe 0,0027 de son poids d'eau, ce qui prouve qu'elle est médiocrement compacte et un peu poreuse. Cette roche est évidemment composée des -Na nature. mêmes élémens minéralogiques que la roche feldspathique du Faon qui en est voisine , et qui présente dans sa texture toutes les variétés intermédiaires. D'après l'examen que j'ai fait des roches voisines dans les paragraphes précédens , on peut conclure que, comme elles, cette roche est formée de quartz, de mica, et surtout de feldspath et d'amphibole réunis ensemble dans un état pâteux ; en sorte qu'elle est réellement une variété intermédiaire entre les argiles et les roches granitiques et porphyritiques de la même localité. Si la texture de cette roche argilolitique préson oing, sentait quelques cristaux un peu plus gros que ceux qui se trouvent disséminés dans sa pâte -

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DU riNisTkat ET DES CÔTES-DU-NORD.

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il en résulterait un véritable porphyrie. Si les

cristaux étaient beaucoup phis reconnaissables, et qu'ils fissent disparaître la pâte il en résul,

terait un granite ; et enfin, si au contraire la cohésion de cette roche était diminuée , il en résulterait une argile : l'examen de cette argilolite et sa comparaison avec les roches voisines , prouve que ces suppositions sont des vérités, et que tous les passages intermédiaires de l'un à l'autre état existent dans le Même gisement ,

et se succèdent dans le même

Cette argilolite est-elle due à une décomposition des roches voisines , ou est-elle le résultat d'une précipitation plus confuse des mêmes élémens minéralogiques qui les composent ? L'une et l'autre Opinion .me paraissent soutenables , mais je pencherais plutôt pour la première , et je suis d'autant plus porté à l'admet-

tre, qu'elle se rapproche davantage de celles de Saussure et de Werner, dans des circons-

tances analogues. Je crois cependant qu'on doit restreindre cette Opinion, en disant que Faiteration qui fait passer les porphyres et les granités des environs du Faon à l'état d'argilolite n'a lie'u que dans ceux qui sont dûs à une précipitation plus confuse des élémens minéralogiques qui les constituent. On rencontre donc dans les environs de Châ- Roches d'agréga, teaulin, du Faon et de Landernau , des roches tion inter. intermédiaires entre les agrégations granitique, ntédiairea. porphyritique et schisteuse. On a pu voir décrites a la fin du cinquième paragraphe , les variétés intermédiaires entre les roches micacées et gneiss, et les roches schisteuses. Il existe Folume 28,