Annales des Mines (1867, série 6, volume 11) [Image 84]

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NOTES.

NOTES.

« Les seuls chiffres exacts qu'on ait sur les résultats de l'application de l'eau d'égout aux céréales sont ceux qui proviennent des expériences faites par le comte d'Essex sur du blé, et ceux obtenus avec de l'avoine à Rugby et consignés dans ce rapport; dans les deux cas, l'accroissement de produits représente un très-gros profit par mètre cube d'eau employé. Les circonstances dans lesquelles ont eu lieu les expériences de Rugby étaient, il est vrai, tout à fait exceptionnelles; et, dans les endroits où les applications les plus étendues de ce genre ont été faites, à un point de vue commercial, notamment à Watford, Rugby et Alnwick, la pratique a été abandonnée; d'autre part, à Édimbourg et à Croydon où les meilleurs résultats de prairies ont été obtenus, l'application au blé et autres récoltes alternées ne fait point partie de l'ensemble du système adopté. 8^ « A en juger par les résultats des expériences et par ceux de la pratique ordinaire, on doit admettre que l'emploi le plus « avantageux de l'eau, dans la majorité des cas, consistera à l'ap« pliquer à raison de 12.000 mètres cubes environ par hectare de prairie ordinaire ou de ray-grass d'Italie; mais le fermi6r ne payerait pas 8 centimes ni probablement 5 centimes le mètre cube, tout le long de l'année, pour répandre sur sa terre une eau de la richesse moyenne de celle de la métropole (exclusion « faite des averses). » En résumé, il ressort de l'ensemble de ces conclusions que l'eau d'égout doit être employée, de préférence, à l'arrosage des prairies permanentes, et qu'avec cette nature de culture, la dose, à l'hectare, peut être poussée jusqu'à 12 OU 15.000 mètres cubes, si le terrain offre des facilités suffisantes à l'absorption et à l'écoulefi

ment des liquides. Mais, en même temps, on ne doit pas s'attendre à ce que les cultivateurs consentent à payer cette eau à un prix élevé,

s'ils sont obligés d'en faire usage toute l'année, c'est-à-dire sans égard pour les convenances de leurs récoltes. NOTE e.

Les lignes qui suivent sont empruntées au rapport adressé en 1865 an Conseil métropolitain des travaux par la commission chargée de visiter les irrigations de Rugby, Croydon, Carlisle et Édimbourg. Ce document est doublement intéressant, en ce qu'il est, d'une part,

le plus récent qui ait été publié sur ce sujet et en ce qu'il émane, d'autres part, d'hommes essentiellement pratiques, qui avaient à

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résoudre une question toute semblable pour la ville même qu'ils administraient (*).

« .... Notre &imité s'est occupé d'abord d'examiner la ville de « Rugby, où l'eau d'égout est appliquée à la terre depuis onze ans. Sa population est de 8.000 âmes, et la totalité des déjections de la ville est amenée, par un conduit de 45 centimètres de diamètre, à des pompes à feu, à l'ouest du North Western Railway,

où, après une filtration sommaire à travers des claies en osier, « elle est élevée à une hauteur de 6 à 9 mètres pour être distribuée

sur les terres. Les opinions différant beaucoup sur le mérite des opérations conduites à Rugby, il importe d'expliquer que la surface totale consacrée à l'irrigation est d'environ 180 hectares, dont 7.60 appartiennent à M. Walker et ont été affermés par M. Campbell, et dont 6 ont été le champ d'expériences de M. Lawes, pour le « compte de la commission royale. La qualité et le niveau du sol varient beaucoup : la surface est généralement formée d'une argile compacte, passant parfois au sable, avec sous-sol argileux ; certaines portions sont très-peu au-

dessus du niveau des rigoles dans lesquelles elles s'égouttent, d'autres sont au moins à 9 mètres plus haut. On doit naturellelime s'attendre à ce que les résultats obtenus varient un peu. Le tout est disposé en gazon, ou, pour parler plus exactement, l'eau d'égout a été appliquée à de vieux pâturages, sans autres travaux « préparatoires qu'une série de petites rigoles et de fossés qui reçoivent l'eau de la conduite de décharge et la distribuent par « gravitation sur la surface. Naguère la distribution s'effectuait à la lance, mais M. Walker l'a abandonnée comme trop coûteuse et comme restreignant sans nécessité l'écoulement de l'eau. La différence entre les terres arrosées et les autres sautait aux yeux; en outre les premières différaient notablement entre elles, par suite de l'inégale répartition de l'eau d'égout, selon que la « terre avait été disposée en plans inclinés ou n'avait reçu aucune préparation spéciale. (*) Quelques-uns des chiffres fournis par la commission diffèrent de ceux que nous avons donnés nous-même dans notre rapport sur l'Angleterre de 1862.1863 (publié en Ï864). Mais nous pensons que ceux do la commission méritent plus

de confiance, d'abord parce que sa visite des lieux est postérieure à la nôtre, et ensuite parce que cette visite a été faite par des personnes investies d'une qualité qui devait faeiliteibeaucepp leurs investigations.