Annales des Mines (1867, série 6, volume 11) [Image 82]

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de vue des résultats techniques, mais au point de vue de l'esprit même des institutions. Le self-government local fut substitué à l'antique intervention de l'État, Depuis des siècles, en effet, les commissions des égouts étaient pommées par l'autorité centrale. Elles étaient irresponsables vis=à-vis des contribuables, pour le compte desquels, cependant, elles opéraient. En vertu du nouvel Acte, Londres est divisé en 59 districts. La Cité et les paroisses les plus importantes, telles que Marylebone et Lambeth, forment chacune un district; les autres districts sont composés des paroisses moins importantes, groupées ainsi qu'il convient. Les contribuables de chaque district ou paroisse, selon le cas, élisent parmi eux un certain nombre de représentants pour constituer un conseil de district, lequel a qualité pour tout ce qui concerne le drainage du district, le pavage, l'éclairage et autres objets semblables. Ces conseils locaux choisissent eux-mêmes dans leur sein un ou plusieurs délégués, selon l'importance de la population et l'étendue du district, et ce sont ces délégués qui constituent, par leur réunion, le Conseil métropolitain des travaux. Celui-ci compte actuellement quarante-cinq membres, ayant à leur tête un président électif. Le Conseil métropolitain a sous sa juridiction tout ce qui touche au main drainage, à l'endiguement de la Tamise, aux nouvelles voies

et, en général, à toutes les améliorations intéressant la métropole. En même temps il trace des règlements dans lesquels les conseils de districts sont tenus de se renfermer pour leur propre gestion. La nouvelle institution est armée, on le voit, d'une grande force elle l'a puisée à la fois dans son origine, essentiellement populaire,

et dans sa complète indépendance de l'autorité centrale. Elle peut réaliser de grandes choses, n'ayant point à redouter l'opposition des habitants, de qui elle émane, et n'étant point arrêtée par les barrières artificielles qui s'élevaient autrefois entre les diverses parties de la ville. C'est quelque chose d'analogue à nos conseils municipaux, mais avec des attributions plus larges en ce qui concerne les travaux publics, et plus d'autorité réelle pour les faire exécuter (5'). (") On peut regretter seulement la division de pouvoir qui eiste encore anssous du Conseil métropolitain entre les conseils de districts, et la situation ceptionnelle conservée par la Cité, au sein de la métropole, qui l'entoure en

quelque sorte sans la pénétrer. Il y a là un complément de réforme dont l'opinion publique commence à se préoccuper. (Voir notamment le Times du mai 1867.)

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NOTE C.

Les évaluations relatives aux eaux d'égout sont très - divergentes. Le baron Liebig, faisant le calcul des éléments chimiques contenue dans les liquides enrichis par les matières fécales, et raisonnant sur une population de 2 millions d'adultes, trouve que la valeur des eaux de Londres serait un peu supérieure à 5o millions (Lettre au lord maire, du 19 janvier 1865). Ce chiffre devrait même, d'après ces bases, être porté à 60 millions au moins, en tenant compte de la population réelle. Mais comme le fait remarquer l'illustre chimiste, l'état de dilution dans lequel se trouvent ces éléments en modifie ,considérablement la valeur théorique. Le docteur A. Vcelcker fixe cette valeur à 3o millions environ, soit 2 deniers ou 20 centimes la tonne, pour tioomoo mètres cubes par jour (Enquête de 1863); chiffres que M. R. Rawlinson est disposé à accepter (Enquête de 1864 ). Le professeur VVay, qui donne une des évaluations les plus basses, admet pourtant une valeur de i denier à i denier i/2 la tonne, qui correspond à 20 millions (Enquête

de i861t). A côté de ces évaluations, d'un caractère plutôt théorique, se placent celles des agriculteurs, qui cherchent à tarifer l'engrais des villes d'après les résultats commerciaux qu'il donne dans la pratique. Mais ici une distinction capitale est à faire, selon que l'eau d'égout est employée par le cultivateur, à sa convenance, c'est-à-dire au moment et dans la proportion qui lui plaît, ou selon, au contraire, qu'il est obligé de l'absorber continuel lement sur ses terres ; en d'autres termes selon que l'irrigation est conduite exclusivement au point de vue de la culture ou exclusivement au point de vue de la salubrité publique. M. Lawes, qui a di-

rigé les expériences de Rugby, porte, dans un cas, la valeur au delà de 5o millions, et dans l'autre cas, au-dessous de 7 millions, c'est-àdire à plus de 2 deniers ou à moins de 1/2 denier la tonne. (Enquête de 1865.) MM. Archibald Campbell, Joseph Paxton, Samuel Bury, Congrève et autres agronomes acceptent volontiers le chiffre de zo centimes ou 5o millions (même enquête). On le voit également reproduit par divers fermiers, MM. Fr. Wagstaff, Watershaws, mais sous la condition de recevoir le liquide à leur convenance (même enquête). Quelques autres vont plus loin et admettent le chiffre de 25 à 3o centimes, ce qui correspond à une quarantaine de millions. Ainsi, laissant de côté, comme évidemment trop élevée, l'estimation théorique de ro. Liebig, on voit que les évaluations varient