Annales des Mines (1866, série 6, volume 9) [Image 267]

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OPÉRATIONS INSALUBRES POUR LES OUVRIERS.

a paru suffisante pour aérer la salle. de filage malgré ses 4.000 mètres carrés de surface.

Dans les manufactures de tabacs, ou plutôt dans les ateliers de fabrication de cigares, il n'est point nécessaire d'entretenir une température uniforme. Il y a beaucoup moins de poussières que dans les filatures, mais on a à se prémunir contre les émanations da tabac humecté et surtout contre celles qu'engendre une grande agglomération de personnes. Le système de ventilation est mixte et basé

à la fois sur le principe du chauffage et sur celui de la propulsion mécanique. L'air est aspiré du dehors par des ventilateurs ; il circule entre les solives du plancher et débouche dans les ateliers en traversant des enveloppes de poêle où il s'échauffe pendant l'hiver. Les orifices de sortie sont distribués sur le plancher; les conduites de dégagement, semblables à celles d'admission et ménagées comme elles entre les solives, se rendent à des cheminées d'appel au-dessus des toits. La distribution est calculée sur le pied de 8 mètres cubes par personne et par heure. A ce chiffre on constate la disparition de toute odeur et de toute

humidité. Telle est la disposition générale adoptée par MM. Rolland et Demondésir dans plusieurs établissements, à Bercy, à Nantes, à Châteauroux, etc. A Nantes, qui offre un bon type, le ventilateur, de im,i3o de diamètre et de 55o tours à la minute, dessert cinq salles de 4o mètres sur 15, pouvant contenir chacune 250 ouvrières environ. Chaque salle est pourvue de quatre poêles de chauffage, desservis chacun au moyen _de deux conduits entre solives de on',55 sur o',18 de section, soit en tout mètre quarré de surface d'admis-

sion, et autant pour la sortie qui s'effectue par des conconstaté chez «. Wulvéryck que tandis que la vitesse de l'air est très-grande sur le pas même de la porte de communication des deux salles, elle est insensible à un mètre de distance et nulle par conséquent aux places de travail.

APPAREILS A PROTÉGER LES ORGANES RESPIRATOIRES.

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duites semblables. Les cheminées d'appel, au nombre de deux, débouchent à 8"'50 au-dessus du niveau du plancher de l'étage supérieur. La prise d'air a lieu dans une cave de 200 mètres de long sur 4 mètres de large, ce qui

permet, le cas échéant, de marcher l'été à l'air frais au moins pendant quelques jours. A. Marseille, où il serait bien plus utile encore de ventiler à l'air frais,. MM. Pradines et Kretz se proposent d'installer dans la nouvelle manufacture actuellement en construction, un appareil rafraichissear, analogue à celui de M. Octave Fauquet.

Appareils à protéger les, organes respiratoires. - Ces sortes d'appareils sont employés dans des industries où il est difficile de préserver efficacement, par des dispositions d'ensemble, les ouvriers des, poussières ou des gaz insalubres auxquels donnent lieu les opérations qu'ils accomplissent. On en observe plusieurs types dont aucun ne paraît jusqu'ici s'être beaucoup généralisé. Ils sont gênants pour les ouvriers ; quelques-uns même sont compliqués et assez lourds pour occasionner promptement de la fatigue. Le plus, simple de tous est celui que M. Camus, fabricant

d'acétate de plomb, à Ivry, fait porter aux hommes qui opèrent l'embarrillement. C'est un masque qui couvre la moitié inférieure du visage et qui est formé d'une éponge serrée entre deux toiles métalliques. Il faut le savonner tous les jours. Les ouvriers de M. Orsat, fabricant de céruse à Clichy, y ont renoncé parce qu'ils le trouvent tropécnaufe faut, et parce que, disent-ils, c'est pour eux une occasion de toucher leur visage avec des doigts chargés de céruse. M. Paris, fabricant d'émaux à Bercy, a imaginé un appareil pour arrêter les poussières fines provenant soit du broyage-, soit de l'émaillage (Pl. XII, fig. 6) . Il se compose d'un masque

et d'un long tuyau que l'ouvrier suspend sur le côté et qui supporte un tambour d'aspiration recouvert de flanelle Le masque étant en gutta-percha, on en ramollit les borck