Journal des Mines (1803-04, volume 15) [Image 206]

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SUR LA FABRICATION Deux heures après avoir été mis au- feu-, le trousseau est presque entièrement fondu , retire la pince qui le soutenait parmi les charbons ; on saisit avec deux plus petites pincés les morceaux de fonte restant. Une demi-heure après , le trousseau est entièrement fondu. On enlève alors le fraisil qui garnit le devantAde la forge, on recouvre bien le creuset de gros charbons allumés, on les rassemble dais l'endroit où s'exerce le mieux l'action du vent ;.peu de minutes après on arrête les soufflets, on fait évacuer les scories contenues dans le. creuset on recouvre bien la masse en fusion de charbons allumés ; on jette parmi ces charbons les

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morceaux de fonte- qui doivent former le trousseau de là fusion suivante ; on les re, couvre de charbon et on laisse le tout en cet état.

La masse oir loupe d'acier remplit en partie la capacité du creuset.;-élle.est les scories 's'élèvent constamment à sa surface; à reposant parmi-les charbons elle doit gagner de se cet état , par la .facilité qu'elle acquiert combiner aec la partie de carbone qui manquerait pour former de bon acier. Les morceaux de fonte jetés au-dessus dé la loupe, parmi les charbons, y éprouvent une sorte de grillage ou de calcination qui doit être avantageuse : c'est de cette Calcination:que j'ai parlé , quand j'ai dit 'qUe:les morceaux de fonte réunis-en un trousseau avaient été préalablement calcinés.' La masse d'acier reste une,. grandeqieure -parmi les charbons dans le creuset, c'est-à-dire,

le teins nécessaire pour se refroidir .et passer

de

DU FER ET DE L'ACIER, etc. 38.; de l'état de liquide à l'état pilteux , puis à l'état solide. Après ce tems on jette l'eau sur les charbons et on les retire, on enlève avec une pèle les scories. qui surnagent à la surface supérieure de la loupe ; on soulève cette loupe avec des ringards , on la retire du creuset et

on la porte au martinet.

Examinons quelle est la nature des procédés suivis jusqu'ici ; quels effets doivent résulter de la construction deg fourneaux et des travaux que je viens de décrire ? L'acier est une combinaison de fer pur aven le 'Il sera plus ou moins bon, selon que le fer sera plus carbone. ou moins pur , la combinaison avec le,carbone plus ou moins intime, plus ou moins bien proportionnée. La nature a donné à la mine de fer spathique les élémens nécessaires pour former l'acier ; cette mine passe par l'action de l'air et de l'eau l'éta.t d'oxyde combiné avec le carbone) les travaux qu'onà lui fait subir doivent avoir pour but de lui enlever.Pair qui l'oxydait , et de lui conserver le carbone qui formepur' un de ses &émeus, de lui ajouter même ce qui lui manquerait de ce dernier principe pour constituer l'acier. On déjà remarqué que dans les hauts fourneaux on a pris desa inoyens pour parvenir à ce but , mais c'est sur-tout dans les opérations subséquentes que Pouvrier doit porter son attention , et doit avoir soin de priver la fonte en fusion du contact de l'air extérieur , de l'action immédiate du vent des soufflets, parce que l'air se combinant avec le carbone, il le ferait passer à l'état d'acide carbonique , et priverait le fer du principe qui doit le porter à l'état d'acier. Les opérations pratiquées jusqu'ici doivent conduire au but qu'on se propose ; le charbon dont le trousseau de fonte est recouvert le garantit du contact de l'air extérieur, le fraisil qui garnit le devant de la fo,rge concentre la chaleur sur le creuset, et empêche l'air extérieur de s'introduire latéralement et par-dessous le trousseau de fonte ; ce dernier est soutenu à une certaine hauteur au-dessus du creuset niais la tuyère affleure la partie supérieure du creuset, elle est de plus inclinée au-dessous de sa ligne horizontale , le vent des soufflets ne peut donc atteindre le trousseau. On a

Volume 15.

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