Journal des Mines (1803-04, volume 15) [Image 86]

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SCIENCES ET ARTS. 158 20. D'argile de Montereau, ou autre analogue ; d'oxyde de manganèse et de fer oxydé rouge. On forme, avec la composition, n.. 2 , une pâté que l'on broie sous des meules, et dans laquelle on introduit unepartie de la composition no. 1, également broyée sous des meules.

Cette terre forme une pdte que l'on appelle , en terme d'art, longue , c'est-à-dire, qui se travaille facilement sur le tour et dans des moules. Elle se cuit difficilement ; il faut être très-attentif à bien

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II. Sur la force et l'extensibilité des filanzens du Lin de

la Nouvelle- Zélande , comparées à celles des filanzens de l'aloès-pitte , du chanvre , du lin et de la soie. (Ex-

trait d'un Mémoire lu à l'Institut national , par le Citoyen Labillardière.) Le lin de la Nouvelle-Zélande tient le premier rang parmi les fibres végétales propres à faire des cordes ; mais personne n'avait encore

régler le feu, et à l'arrêter à propos. Si la terre n'est pas assez

entrepris de déterminer jusqu'à quel point la force <Les fibres de cette plante surpasse celle du chanvre. Le Cit. Lahiliardière. s'est proposé de résoudre cette question; il a comparé aussi cette force à celle des

cuite , elle n'est pas d'un beau noir ; si elle l'est trop , elle se déforme et se glace à la surface.

force des différentes fibres qu'il a soumises à l'épreuve , était compose

La terre noire de Sèvres , quand elle est cuite à point est aussi noire à sa surface et à l'intérieur , que la plus belle

terre d'Angleterre. Le Cit. Bose a remarqué , dans celle même de Weedgwood , que la nuance variait, probablement suivant le coup de feu qu'elle avait éprouvé : il en a trouvé plusieurs pièces qui avaient une teinte puce , tandis que d'autres étaient du plus beau noir. Il a été difficile au Cit. Brongniart d'arriver au juste point de cuisson , parce que toutes ses pièces d'essais ont été cuites dans une moufle, où l'on n'est pas le maitre de régler le feu, comme dans des fours construits convenablement. La terre noire de Sèvres , de même que celle d'Angleterre , est dure comme du grès, et fait feu au briquet. Sa composition prouve qu'elle ne peut jamais devenir chère. Le Cit. Bose n'a point parlé des essais que le Cit. Oppen-

heirn a soumis à la Société d'encouragement ; il faut laisser , dit - il , à cet artiste le terns de perfectionner un travail dont la première ébauche devait naturellement être imparfaite. Le Cit. Olivier , de Paris , et le Cit. Michaud, de Chantilly , ont également fabriqué quelques échantillons de terre noire, qui promettent des succès heureux. Mais le Cit. Lambert, qui demeure à Sèvres , a fait un travail complet sur la fabrication des terres noires : il a construit des fours , des moulins, des tours ; en un mot un atelier pour travailler en grand ces terres. Les échantillons qu'il a présentés à la Société d'encouragement, peuvent servir à convaincre de la perfection de ses ouvrages tant pour la beauté de la pàte , que pour le fini du travail.

filamens de l'aloès-pitte , du lin et de la soie. L'appareil dont s'est servi le Cit. Labillardière pour connaître la

de deux montans de bois de 27 centimètres (ta pouces) de haut,

à la distance l'un de l'autre de planche' 5 centimètres ( 2 pouces environ ); leur extrémité supérieure avait été légèrement arrondie, et l'on avait fixé à la partie externe de chacun , un petit cylindre de fer d'un millimètre environ de diamètre. C'était à ces deux petits cylindres que s'attachaient les filamens dont la force devait être éprouvée ; ils étaient fixés de chaque côté sur l'extrémité arrondie des montans dont on vient de parler. Les fibres soumises à l'épreuve étaient toutes de même diamètre ( un dixième de millimètre ), ce qui avait été vérifié au microscope, avec un bon micromètre; on avait, en outre, eu l'attention de tordre également la partie du filament qu'on examinait, et de choisir celuici, autant qu'il avait été possible, de même dimension dans toute sa longueur, on en avait éprouvé la force de huit centimètres en huit centimètres , qu'on plaçait pour cela entre chaque montant , et l'on suspendait vers le milieu, au moyen d'un fil de fer bien garni de chanvre , un poids qu'on augmentait jusqu'à ce que le filament soit rompu. On avait en soin- que le filament ne se tortillât point, afin d'en connaître toute la forte car il se fût cassé, comme on sait, bien plus vite sans cette précaution (1). Le Cit. Labitlardière après avoir déterminé, de la manière que nous venons d'indiquer , la force des différentes substances qu'il s'é. tait proposé d'éprouver, a trouvé, après plusieurs expériences, que cette force équivalait fixés verticalement sur une

sa. Pour la soie à o°. Pour le lin de la Nouvelle-Zélande à Pour le chanvre à Pour le lin à

55 Pour l'aloès-pitte à

34 23,2 1%63433

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(1) Le Cit. Labillardiere eut bien du regret de ne pas posséder une assez grande

quantité de lin de la Nonvelle-Zélande pour en faire de grosses cordes , dont il eût pu comparer la force à celle du chanvre et autres matières végétales, il eût alors obtenu des résultats plus satisfaisons ; mais en attendant que cette plante précieuse soitnaturalisée sur notre sol, il a cru que des essais faits en petit suffiraient

pour engager les cultivateurs à substituer à ta culture du chanvre celle du lin de la Nouvelle-Zélande.