Journal des Mines (1802-03, volume 13) [Image 94]

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SCIENCES ET ARTS, 158 elle y était écrite en caractères que ne pouvait méconnaître celui qui, à peine sorti de l'enfance , créa cette branche de la minéralogie appelée Orictognosie (1). Nous avons pensé qu'il était inutile de revenir en détail sur l'ouvrag,e que nous annonçons, attendu que le Cit. Coquebert en a déjà donné une- analyse très-étendue dans ce Journal (2) , analyse dont le Cit. Daubuisson a lui-même Lait l'éloge. Cependant, pour rappeller à nos lecteurs la marche que M. Werner s'est tracée , et les bases sur lesquelles repose sa Théorie , nous avons cru devoir rapporter ici le passage suivant , que nous avons extrait de la préface du traducteur. » IL est descendu dans les entrailles de la terre , et il y a vu que la matière des filons étoit absolument différente de celle de la roche adjacente que cette matière présentaitpartout des cristallisations : or, toute cristallisation supposant une dissolution préalable , il en a conclu que des dissolutions avaient autrefois pénétré dans l'espace où nous voyons aujourd'hui les filons. Il a vu que ces espaces étaient les Lentes ou vides qui pouvaient ét devaient même s'être formés dans les roches, pendant qu'elles étaient encore recouvertes de ces dissolutions.-Il a vu que les substances minérales, qui s'en sont précipitées ont rempli ces fentes , et en ont fait

des filons. Il a vu (la différence dans la nature des précipités , ainsi que leur disposition respective le lui a fait voir ) que toutes les diverses précipitations ne s'étaient pas faites en même-teins, que certaines avaient eu lieu à des époques différentes ; de là les diversesformations desfilons , etc.', etc. De sorte que chacun des principes de sa Théorie des Filons n'est qu'une conséquence naturelle et nécessaire des faits qu'il a observés (c.

II. Description d'un Four à chaux économique (3). J...,'art de calciner la pierre calcaire pour en faire la meilleure chaux avec le minimum dé combustible , a presque toujours été abandonné à la routine des ouvriers: Il est ceWerner n'avait que 22 ans, lorsqu'il publia son ouvrage sur les Caractères extérieurs des Fossiles, dans lequel il a posé les fondemens de son Orictognosie. Voyez le Journal des Mines , tom. 3 , ventôse an 4.

Extrait de la Correspondance de M. Pictet, l'un des rédacteurs de la Bibi, Brit.

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pendant d'une grande importance pour, Parchitecture , et il est fondé sur des principes de physique et de chimie hors de la portée du vulgaire. Lord Stanhope n'a point dédaigné de s'en occuper , et il a fait établir en Angleterre des fours de son invention pour cuire la chaux. Ils sont bâtis en brique contre un escarpement qui en fa-

cilite l'exploitation , et ils ressemblent pour la forme au four 'quarré ordinaire du faïencier ; mais ils sont beaucoup plus petits, et n'ont guères que 4 pieds de côté. Le- plancher , qui la,it grille , est percé d'un nombre de trous coniques , ou en entonnoir renversé ; sous cette grille est un cendrier qui a au moins 3 pieds de haut, ensorte qu'elle est à hauteur d'appui. On dispose sur la grille, en façon de voûte , les pierres à calciner, qu'on entasse ensuite sur cette même voûte à une certaine épaisseur , à-peu-près comme dans les fours ordinaires. Mais ce qui distingue celui-ci , .c'est le mode d'application du combustible et la conduite du feu. Le combustible est un mélange de houille fort amenuisée, et de ce qu'on appelle cinders , c'est-à-dire de petits fragmens de cette même matière , à demi-brûlée qu'on recueille dans le cendrier , le tout fbrteinent imprégné d'eau. Ce combustible se place en petit talus longitudinal sur tout le devant dit plancher ou grille du fourneau , où se trouve une ouverture horizontale qui en occupe toute la largeur, et n'est haute que d'environ 3 pouces. Le combustible entassé contre cette ouverture la ferme, sauf dans les momens où on en pousse une certaine quantité sur la grille pour alimenter la combustion, mais on l'entasse de nouveau immédiatement après. ,

Il résulte de cette disposition, que le tirage se fait en

partie par les interstices du combustible, mais sur-tout par les trous de la grille ; et pour juger de son égalité , on promène un petit miroir sous ces trous ; lorsque la lumière de l'un d'eux n'est pas très-vive, on la désobstrue avec un petit ringard coudé. On égalise ainsi la combustion d'une manière parfaite, et toute la chaleur dégagée se porte sur la pierre à calciner. L'humidité préalable du combustible, contribue éminemment à la calcination ; et la portion d'air qui est aspirée au travers de la houille mouillée , entre dans le foyer, saturée d'humidité.