Journal des Mines (1802-03, volume 13) [Image 77]

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ANALYSE DU BASALTE.«

des roches (1). La prétendue origine volcanique de cette substance minérale a donné lieu aux débats les plus vifs qui se soient encore élevés dans une discussion géologique. Déjà Agricola regardait le basalte, qu'il ne faut pas

confondre avec le basanites des anciens ,comme

une lave coulée, qui, en se figeant rapidement par l'effet d'un prompt refroidissement, avait pris cette forme cristaline prismes (2) qui le c. aractérise. Cette opinion a été reproduite, il y a une quarantaine d'années, par Guettard , Ferber,, Raspe , Beroldingen , et plusieurs autres minéralogistes encore vivans qui, en la représentant sous diverses formes, l'ont soutenue contre les partisans de la formation par la voie humide.

Lorsqu'on voit la ressemblance extraordinaire qui existe entre l'aspect extérieur du basalte et celui de la lave compacte , on doit meinS s'étonner que la plupart des géologues aient regardé l'hypothèse de la voicanicité du basalte comme une vérité -de fait , et qu'ils (1) Dans la suite des roches, on en trouve quelques-unes qui ont de grands rapports entre elles : elles app- artiennent à une même formation. Les roches qui appartiennent à la même formation que la basalte, et qui constituent celle que que Klaproth et tous les Allemands, d'après Werner, nomment formation des traps , sont le griinstein (roche composée de grains d'hornblen.de et de feld-spdth ) le klingstein-porphir, le basalte, et la wake ( substance mitoyenne entre l'argile et le basalte ). Voyez page 6o5 de l'Extrait du Traité de Géognosie de Werner , imprimé clans le second volume de la Minéralogie de Brochant. (2) Dans /es anciens tems on a regardé la division de basaltes en prismes comme une cristallisation.

ANALYSE DU BASALTE. 125 aient ensuite vu partout des cratères et des volcans éteints. Cependant il parait que l'on revient peu-?speu de cette illusion, et que l'on cède aux raiSons prépondérantes qu'une simple observation

de la nature expose aux yeux de toute personne sans prévention, et qui prouvent si évi-

demment que le basalte est un produit de la voie humide. Autrefois on regardait ce minéral comme

une lave, dont la forme prismatique était une cristallisation opérée par le feu : aujourd'hui des observations plus exactes ont, au contraire, porté à croire que c'est le basalte , ainsi que les autres roches de la même formation, qui, travaillé par les feux souterrains, a fourni la matière des. torrens enflammés que nous voyons sortir des volcans actuels. Lorsque ces torrens sont refroidis, leur surface est une matière boursoufflée et d'un aspect spongieux; au-dessous, la lave est plus compacte, mais elle contient encore plus ou moins de _

cavités ; leur partie inférieure est d'ordinaire parfaitement compacte. Ce n'est souvent que la localité de cette dernière espèce de lave qui peut la faire distinguer du vrai basalte, de celui qui n'a nullement subi l'action du feu. L'art, à la vérité, n'a pu encore surprendre à la nature le secret qu'elle employe dans ses atelier volcaniques pour amollir le basalte, et pour ne le convertir qu'en une espèce de pâte u) : de Sorte, qu'après le refroidissement, on ne voit Vraisemblablement, Klaproth n'avait pas connaissance des expériences faites à dimbourg par Sir James Hall, et