Annales des Mines (1869, série 6, volume 15) [Image 9]

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NOTICE SUR P. BERTHIER.

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teau granitique de la France centrale (*). La roche qui accompagne le gîte a l'aspect d'un calcaire pur ; mais la circonstance qu'elle consiste en une dolomie zincifère, contenant p. ioo d'oxyde de zinc, apporte un document intéressant pour l'origine de ces couches métallifères, qui, dans d'autres contrées, sont beaucoup; plus développées. Le cinabre, associé à un grès quartzeux, forme aussi des couches, dont la puissance est considérable, dans les Andes du Pérou et dans la province de Huanca-Velica. L'une des deux principales variétés de minerai, connue sous le nom de minerai rouge, était considérée comme du cinabre d'une nature particulière, dont on ne pouvait extraire le mercure 1

par les procédés métallurgiques connus. Berthier montra combien on se trompait à ce sujet (**). D'abord la substance

rouge qui domine dans le minerai n'est pas du sulfure de mercure, mais du sulfure d'arsenic (réalgar) dont la couleur avait induit les exploitants en erreur, quoique sa nuance ne soit pas la même que celle du cinabre. En second lieu, ce même minerai renferme réellement du cinabre, et même en proportion plus considérable que le minerai ordi-

naire, mais en mélange très-intime avec le réalgar, ainsi qu'avec d'autres sulfures métalliques, tels que la pyrite, la blende et la galène. On trouvait ainsi l'explication des maladies spéciales dont étaient victimes les ouvriers des mines de cette région, qui sont restées les plus importantes des deux Amériques, jusqu'à l'époque toute récente (185o) de la découverte des riches gisements de mercure de Californie. Après avoir donné un procédé simple et exact pour déter-

miner la proportion de mercure que renferme ce cinabre arsenical, Berthier proposa en outre plusieurs modes à employer, pour le traiter en grand. (**) Journal des mines, T. XXVII, p. 488, ,80. (***) Annales des mines, 3° série, t. XIX, p. 706, i84..

NOTICE SUR P. BERTHIER.

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En dehors des minerais métalliques proprement dits, les découvertes de Berthier sont aussi très-nombreuses. L'analyse d'une série de calcaires, qu'il entreprit quelque temps après la publication du beau travail de Yicat sur les mortiers, le conduisit à des conclusions théoriques, dont quelques-unes modifiaient celles auxquelles venaient d'être conduits Vicat et John, sur la cause à laquelle on devait attribuer la solidification des mortiers. Les résultats de ces analyses (*), confirmés par une série d'expériences synthétiques,- prouvent d'abord, que la silice est un principe essentiel à ces sortes de chaux et, en outre, que les oxydes de fer et de manganèse, loin de jouer le rôle important

qu'on leur avait attribué, sont, au contraire, en général tout à fait passifs. Quant à l'alumine, Berthier croyait pouvoir conclure, dès 1821, qu'elle contribue à donner de la dureté (**).

On rencontre des carbonates complexes de chaux, de magnésie, de protoxyde de fer et de protoxyde de manganèse, dans lesquels ces quatre bases se trouvent, en proportions extrêmement variées. Berthier, après avoir précisé la composition d'un grand nombre de ces carbonates multiples, y établit quatre groupes naturels, déterminés par la nature du carbonate prédominant (***). reconnut en outre, au milieu de ces mélanges en proportions très-variables, qu'un minéral qui avait reçu la dénomination de chaux carbonatée ferrifère. ne renferme pas de traces de chaux, et se compose essentiellement de carbonate de magnésie, avec du carbonate de fer en faible proportion; c'est l'espèce qui a reçu le nom de Breunnérite. L'existence du manganèse carbonaté, déjà annoncée par divers chimistes, et révoquée en doute par quelques minéralogistes, (*) Annales des mines, i" série, t. VII, p. 483, 1822. (**) Mémoire précité, p. 5.1. (***) Annales des mines, t" série, t. VIII, p. 887, 1823; id., 2. sé-

rie, t. III, p. 25, '828.