Annales des Mines (1855, série 5, volume 8) [Image 204]

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586 RAPPORT SUR LA CONVERSION DIRECTE DE LA FONTE

hauts fourneaux de l'Isère, et peut-être même les fontes de l'usine de Toga (Corse) , conviendraient aussi pour cette fabrication. La commission doit faire remarquer que le procédé de M. Uchatius repose sur des idées émises depuis

longtemps, et sur des indications données anciennement par différents auteurs ; on peut même dire qu'il est la reproduction d'un procédé déjà essayé dans des conditions analogues en France et en Angleterre. En fOnte étant considérée comme composée de effet fer et de quelques centièmes de carbone, et l'acier coMme composé de fer avec quelques millièmes de carbone seulement, on a dû naturellement regarder l'acier comme une substance intermédiaire entre la fonte et le fer proprement dit ; on a dû penser qu'il serait possible de retirer directement l'acier fondu de la fonte en sou-

mettant celle-ci à la fusion avec addition de fer malléable , d'oxydes ou même de minerai de fer. Dès 1772, Réaumur, en parlant des expériences faites antérieurement par Vanoccio , avait dit qu'on pdtivait fabriquer l'acier en faisant liquéfier dans la fonte de la vieille ferraille , des pointes de clous, des morceaux de fer (1). En 1798, Clouet annonça qu'en fondant la fonte avec dé l'oxyde de fer, on obtenait du fer doux, si le pohls falde l'oxyde était le quart de celui de la fonte, lait avec de la fonte grise plus d'oxyde qu'avec la fonte Ma-iléite, et que si on diminuait la dose d'oxyde d'un tiers ou même de moitié, on obtenait de l'acier (2).

Plus tard, Muschet prit un brevet d'invention eh

EN ACIER FONDU PAR LE PROCÉDÉ UCIIATIUS.

Angleterre ( B(bliothètitte britannique, tome 18), pour la fabrication de l'acier fondu avec de la vieille ferraille

des rognures de fer, du minerai de fer riche et de la poussière de charbon (i). Hassenfratz fait mention , dans sa Sidérotechnie , de ce qui lui a été rapporté par Va,ndenbrock , inspecteur des travaux de l'École pratique des mines de la Sarre, qui avait visité les aciéries anglaises ; et il dit, au sujet des procédés qu'on y suivait pour la fabrication de l'acier fondu, qu'on obtenait cet acier en mélangeant des

fontes grises et blanches dans une proportion déterminée, et souvent avec addition de rognures de fer, de vieille ferraille, de battitures de fer et même de rognures d'acier (2). Mais les indications de Réaumur et d'Hassenfratz, les essais de Clouet, de Muschet et d'autres encore n'ont conduit à aucun résultat industriel , et jusqu'à présent

on n'est pas parvenu à fabriquer régulièrement des aciers par la fusion directe de la fonte avec du fer doux, des oxydes ou des minerais de fer. M. Uchatius réussira-t-il mieux que ses devanciers à

faire passer son procédé dans la pratique? Les expériences dont il est rendu compte dans le présent rapport permettent de l'espérer ; toutefois, malgré les résultats favorables de ces expériences, la commission ne croit pas que le nouveau procédé puisse être apprécié au point de vue des applications industrielles, avant qu'on ait essayé d'en faire la base d'une fabrication en grand. De tels essais pourraient être exécutés

très-facilement et sans dépenses considérables dans les usines où l'on fabrique aujourd'hui l'acier fondu

(i) Réaumur: Art de convertir le fer forgé en acier el d'adoueir le fer fondu, pages 250 à 257. (Q) Clouet: Résultats d'expériences sur les différents états

du fer (Jour, al des vises, t. lx, p. 8).

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(i) Hassenfratz : Sidérotechnie, A' volume, page pi. (2) Hassenfratz : Sidérotechnie, A' volume, page 0.!4.

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