Annales des Mines (1851, série 4, volume 19) [Image 100]

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GÉOLOGIE

quartz, de porphyre et de schistes m'a confirmé

davantage dans cette manière de voir ; et c'est pour cette raison que, dans le croquis ci-joint (PI. IV)

Soulèvements granitiques

de l'intérieur.

de la carte géologique du terrain carbonifère, j'ai distingué les roches métamorphisées du granite et du gneiss, mais sans prétendre rien préjuger sur l'âge relatif et la nature primitive des roches, que j'appelle métamorphiques uniquement parce qu'il m'a semblé évident qu'elles n'avaient pas dû éprouver une fusion complète. Au milieu des terrains stratifiés redressés dont je parlerai tout à l'heure, lé granite et -d'autres roches ignées reparaissent fréquemment, tantôt au-dessous de ces terrains et leur servant de support, tantôt formant des chaînes entières d'une étendue considérable et dont la direction est sensiblement parallèle à celle de la grande Cordillère, à la cime desquelles il se 'montre encore vers la ligne de partage des eaux. Les roches soulevantes, quoique très-variées encore, le sont cependant moins que celles qui composent la chaîne littorale ; le granite proprement dit, partout où il m'a été permis de l'observer, en forme la masse principale; les phénomènes de décomposition qui, surtout vers le Sud, se présentent sur une immense étendue en surface et en profondeur dans les granites de la côte, sont beaucoup plus superficiels. Cette circonstance, jointe aux formes généralement effacées et arrondies des montagnes de la côte, m'avait porté à croire que le soulèvement

qui a produit la grande chaîne des Andes devait être postérieur à celui qui a formé les premières. Cependant, comme je n'ai pas eu occasion d'observer le granite de l'intérieur à la latitude de

Concepcion afin de le comparer à celui qui avoi-

DU CHILI.

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sine cette dernière ville, et que l'opinion de M. Domeyko est directement opposée à la mienne, je ne ne m'arrêterai pas davantage sur cette idée, me réservant d'étudier plus complétement à Copiapô, où je vais incessamment résider, les alternances successives du granite et du terrain stratifié, afin d'appuyer sur des f'aits la conviction où j'ai été amené, par mes courses toujours trop rapides dans l'intérieur du Chili, que ce pays a dû

être, à des époques géologiques distinctes, le théâtre de bouleversements nombreux, dont les deux plus faciles à saisir dans leur ensemble forment la chaîne des Andes et celle qui borde la mer ; et par leur immensité même masquent les bouleversements accessoires dont les nombreux filons qui se coupent et se rejettent si fréquemment sont des traces évidentes. Du reste, les granites qui percent le terrain stratifié renferment les mêmes filons cuivreux et aurifères que ceux de la côte, et c'est sans doute au

transport des matières qui composaient ces derniers qu'il faut attribuer la formation de certains lavaderos importants qui se rencontrent en quelques points au pied de la grande Cordillère. Je vais donner ici la description succincte d'un de ces lavaderos situé en face de la petite ville de Chillan, à une centaine de lieues au Sud de Santiago.

La grande plaine centrale qui s'étend sans in- desLavaderos Ranehillos terruption depuis Santiago jusqu'à Valdivia et dans la cordillère s'abaisse vers la mer par une pente insensible, de chinan. présente à la latitude de Chillan une largeur d'à peu près 20 lieues. En quittant cette dernière ville et se dirigeant à l'Est on arrive, après avoir fait une dixaine de lieues, au pied de la grande chaîne