Annales des Mines (1849, série 4, volume 16) [Image 252]

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SUR LA DÉCOUVERTE

n'était pas douteuse. J'en avais des preuves par intervalle, mais je ne pouvais me rendre compte pourquoi je n'en trouvais pas toujours. M. de Bonnard, inspecteur général, fit une tournée dans l'Isère sur la fin de j 84-). Je lui reBermis des échantillons du Chapeau pour M. thier. Mon illustre maître m'écrivit le 2 février 1848 une lettre fort encourageante il avait reconnu dans mes échantillons des réactions qui indiquaient du platine non dosable. Le terrain du Chapeau avait des équivalents géologiques dans les Alpes je les connaissais. Le platine du Chapeau ne pouvait pas être un gîte uniquè , et cette pensée seule a arrêté toute publication.

Je d in i geaimes recherches au mois de mars 1848, sur Saint-Arcy, près de la Mure (Isère) et dans les

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bournonites des dolomies et des calcaires altérés de ces montagnes; j'y trouvai le platine. Ces bournonites ont été traitées comme les cuivres gris du Chapeau. Les mêmes phénomènes se sont présentés. Du platine a été reconnu quelquefois sur 5 grammes de ruinerai. D'autres fois je n'ai pas pu en trouver une trace sur 20 grammes. Je dois ajouter cependant que le platine est plus fréquent à Saint-Arçy qu'au Chapeau. Une troisième localité est le plan des Cavalles sur la montagne des Rousses, en Oisans (Isère). Ces montagne sont composées de protogynes, de gneis, de schistes talqueux et de quelques lambeaux de calcaire basique passé à l'état. de dolo-

mie ou de calcaire magnésien. Au plan des Cavalles on y trouve beaucoup d'anciennes exploitations, antérieures à la découverte de la poudre. Dans les décombres il y a quelques échantillons de cuivre

DU PLATINE DANS LES ALPES.

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carbonaté, ayant une structure feuilletée , donnant jusqu'à 5o p. o/o de cuivre à l'analyse. Ce cuivre carbonaté, d'un vert sale, m'a donné 2 fois du platine dosable.Les autres essais n'en ont pas fourni une trace ; mais je dois consigner ici que je n'avais qu'une petite quantité de minerai. Enfin, sur la rive droite du Bens , en Savoie, sur le terrain de Presles, j'ai trouvé une quatrième localité où un cuivre gris et carbonaté, très-

peu argentifère, a donné des indices de platine. J'ai reconnu ici le métal dans tous les échantillons. On peut .quelquefois le doser, mais avec

difficulté.

Sur ma demande, M. le ministre des travaux publics a chargé M. l'ingénieur Ebelmen , professeur de docimasie à l'École des mines, d'analyser les échantillons provenant de ces 4 gîtes.

Par une lettre particulière du 8 août 1849,

M. Ebelmen m'informe qu'il touche au terme de ses analyses, que la présence du platine est incontestable dans plusieurs de mes échantillons,

mais en trop faible quantité pour pouvoir être exploité. Il me fait connaître qu'il va essayer les minerais par scorification et adresser immédiatement après son rapport à M. le ministre.

Le rapport de M. Ebelmen est du 8 no-

vembre ( Ces détails justifient tous les retards qu'a éprouvés la rédaction de ce mémoire. Je voulais prouver

que le gîte du Chapeau n'était pas un fait unique dans les Alpes; je voulais que les analyses et les essais fussent répétés par un ingénieur qui occupe un rang aussi élevé dans la docimasie. (1) voir ce rapport ci-après, p. 505.