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Annales des Mines (1907, série 10, volume 12)

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LA

CATASTROPHE

DE

COURRIÈRES

Sud 280 et le montage de Joséphine à 231. Les 13 rescapés, réunis le seizième ou le dix-septième jour, attendirent à l'accrochage 231 encore un jour, pendant lequel ils décidèrent de tenter la voie de Julie 280 vers le n° 2, chemin dont Castel avait entendu parler. Cette fois, ils descendirent directement à l'accrochage 280 par les échelles du bure 231-280, passèrent le plus rapidement qu'ils purent devant les barrages du Nord, où ils ne virent rien de suspect, et s'arrêtèrent encore une demijournée après les avoir dépassés. Enfin ils se mirent en marche par la bowette Nord et Julie, et, sans s'être arrêtés, arrivèrent au n" 2 par la bowette Nord 300, le 30 mars, à huit heures du matin. Fosse n° 4. — Au n° 4, nous allons passer en revue d'abord les quartiers de l'étage principal d'exploitation à 331 mètres, puis ceux de 383 et de 299. A 331, à l'Est, dans les quartiers de Joséphine et de Marie qui forment la communication avec le n° 3, les ouvriers sont morts sur place ou à quelques mètres à peine de la place qu'ils devaient occuper, brûlés presque tous. Ils étaient 54 dans le quartier de Joséphine et 21 dans la descenderie de Marie. Au Sud-Est, dans Joséphine plateure, sur les 34 ouvriers, 28 sont morts également sans bouger, généralement brûlés; les autres paraissaient avoir fait 20 à 30 mètres ; enfin 2 ont été retrouvés à 100 mètres du chantier où ils auraient dû être. Dans Sainte-Barbe plateure, les 3 ouvriers de la voie de fond sont morts sur place brûlés, mais aucun des 10 ouvriers des descenderies n'est resté sur place. Ils ont tous tenté de fuir par la voie de. fond de Sainte-Barbe renversée, où ils sont tombés en file, asphyxiés par les gaz venus de la bowette. Les 10 hommes de Cécile dressant sont tombés de même en essayant de s'approcher du beurtia descendant à Sainte-Barbe plateure.

LA CATASTROPHE

DE

COURRIÈRES

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A l'extrémité Sud des travaux, dans Joséphine renversée, les 19 ouvriers ont tenté de se sauver par la bowette 299 ; ils sont tombés asphyxiés tout le long de la bowette ; quelques-uns sont parvenus à moins de 100 mètres du puits. Au Sud-Ouest, sur 48 ouvriers de Joséphine plateure, près de 40 semblent n'avoir presque pas bougé; 0 autres, qui travaillaient aux fronts les plus à l'Ouest, ont fait de 20 à 30 mètres; enfin 2, dont le chantier était voisin de 299, ont pu gagner la bowette de cet étage et sont morts en y débouchant. Sainte-Barbe plateure offre au Sud—Ouest deux quartiers successifs reliés à celui de Joséphine par un recoupage. Dans le premier, le plus considérable, les ouvriers des treuils (24 hommes), situés à droite du recoupage, sont morts sur place, brûlés; ceux de la descenderie à gauche (12 hommes) ont pu bouger, et quelques-uns ne sont tombés qu'à 100 mètres de leur chantier. Le second quartier de Sainte-Barbe ne comprenait que deux avancements (4 hommes); il est tout voisin de l'extrémité du recoupage où travaillaient 2 hommes et d'un avancement dans Cécile où 2 hommes également étaient occupés. Ces 8 ouvriers ont survécu quelques heures, comme nous l'avons déjà raconté brièvement. Ils se réfugièrent dans le cul-de-sac de Sainte-Barbe en bouchant d'abord les buses qui servaient à aérer le front du recoupage, puis celles qui aéraient le cul-de-sac de Sainte-Barbe. Les fumées pénétrèrent cependant jusqu'à eux; à huit heures et demie du soir, ils durent tenter à toutes forces de traverser les mauvais gaz. Deux seulement, Delplanque Achille et Broy Auguste, y réussirent et arrivèrent à l'accrochage à onze heures et demie ; les 6 autres tombèrent soit dans la voie de fond même de Sainte-Barbe, soit dans le recoupage. Dans Cécile enfin, qui sert de retour aux quartiers pré-