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Annales des Mines (1896, série 9, volume 9)

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DE M. DAUBRÉE

DISCOURS PRONONCÉS AUX 'FUNÉRAILLES

attachés avec un zèle infatigable à relever et à développer le goût des études minéralogiques dans notre pays.

DISCOURS DE M. G. F. DOLLFUS Président de la Société Géologique de France;

La présence du vénérable doyen de- la Section de minéralogie était une bonne fortune pour les jeunes membres

de la Société, heureux et fiers de son approbation-, instruits 'par ses appréciations il excellait, par son enthousiasme juvénile, ses compétences étendues, à mettre en valeur les mérites des travaux les plus divers. Tous_ nous

AU NOM DE LA SOCIÉTÉ GÉOLOGIQUE DE FRANCE.

Messieurs,

nous rappelons les notices nécrologiques qu'il 'écrivait avec tant d'âme et que notre Bulletin conserve précieusement. Je voudrais rendre les sentiments de respectueuse admi-

ration que nous inspirait sa carrière, remplie, non pas tant par des années, que par des oeuvres magistrales. La publication de ses Études de géologie expérimentale

nous avait révélé l'unité du plan et la suite des idées du maître ; elle avait aussi mis en pleine lumière les secours que sont appelées à se prêter la_ géologie et la minéralogie :

ainsi, ses très intéressantes observations sur la minéralisation des matériaux de construction par les eaux thermales, l'avaient conduit à effectuer de remarquables synthèses minéralogiques. Cette union des deux sciences a été réalisée, à son exemple, par plusieurs -de ses élèves.

M. Daubrée avait voué à la science désintéressée un culte qui n'apris fin qu'avec sa Vie. Il aimait notre Société, les succès de Ses membres étaient pour lui des joies. profondes.

La perte d'un pareil homme sera sentie par le monde savant tout entier : son deuil sera porté par la Société Française de minéralogie.

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La Société Géologique de France revendique. dans Auguste Daubrée l'un des siens et, à cette heure de cruelle séparation, il lui appartient de manifester publiquement

ses douloureux regrets en voyant partir un membre qui a beaucoup aimé la géologie et qui l'a hautement honorée par sa vie et par ses travaux. Daubrée s'est fait présenter comme membre de notre _Compagnie dès 1839, à l'âge de vingt-cinq ans, sous le patronage de Brongniart et de Voltz ; il a été deux. fois son président,_ en 1864 et en 1879 ; il n'a cessé de faire

partie de ses conseils que depuis que l'âge est venu arrêter son activité physique.

On peut dire que toute sa vie scientifique se déroule dans notre Bulletin, de 1840 à 1895 ; presque chaque volume, .pendantces cinquante-cinq années, renferme une ou plusieurs notes de lui sur les sujets les plus importants de la géologie.

Notre regretté confrère fréquentait nos séances ; il venait dans ces libres réunions .de maîtres et d'élèves; d'ingénieurs et d'amateurs, écouter et discuter les questions les plus simples comme les plus hautes. Dans ce milieu indépendant, il apportait cette note de courtoisie et de gracieuse confraternité qui lui avait 'gagné tous les Coeurs.

Il commença comme stratigraphe par une étude des Vosges en préparant une description géologique et minéralogique du Bas-Rhin qui est restée classique. Il étudie l'or du Rhin, le 'bitume de Bechelbronn, la température