Annales des Mines (1846, série 4, volume 10) [Image 371]

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SUR M. BROCIIANT DE VILLIERS.

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NOTICE NÉCROLOGIQUE

n'en sont que des modifications bien faciles à reconnaître. Il distingua aussi neuf formes dominantes, savoir :

Le tétraèdre, Le parallélipipède ou prisme quadrangulaire, L'octaèdre, Le prisme hexagonal, Le dodécaèdre rhomboïdal, Le dodécaèdre pentagonal, Le dodécaèdre triangulaire, L'icosaèdre triangulaire, Le trapézoèdre. Cinq de ces formes dominantes, la seconde, la troisième, la quatrième, la cinquième et la septième ne sont, à vrai dire , que des abstractions. Dans la pratique, on reconnaît que plusieurs formes, dominantes aussi mais d'un type plus précis, dérivent nécessairement de chacune d'elles, parce que chacun des polyèdres qui en sont les types généraux peut avoir cles faces de figures diverses, et que ces làces peuvent être différemment inclinées les unes sur les autres. La seconde forme, par exemple, se sous-divise en huit formes distinctes, selon que le prisme quadrangulaire qui en est le type général a pour base un carré, un rectangle, un parallélogramme, et que l'axe en est plus ou moins incliné par rapport à cette base. L'auteur, en définitive , admettait vingt-cinq formes dominantes, et, par conséquent, vingt-cinq catégories distinctes de cristaux. Modifiées par des troncatures sur leurs angles ou sur leurs arêtes, ces diverses formes lui don-

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riaient la série entière des formes réelles que les cristaux peuvent offrir. Dans la seconde partie de son ouvrage, l'auteur n'avait que peu de guides à consulter. Cependant la manière dont il l'a traitée prouve qu'il avait parfaitement observé la plupart des phénomènes qui précèdent ou qui accompagnent l'action , encore bien mystérieuse , d'où résulte la cristallisation.

En 1821, le 1" mai, il recut la décoration de chevalier de la Légion d'honneur. En 1824, le 26 mai , il fut nommé inspecteur divisionnaire des mines et resta, toutefois, en possession de sa chaire de minéralogie et de géologie à l'École des mines. Dans l'examen des questions administratives dont il eut dès lors à connaître comme. membre du conseil général des mines, il se fit constamment distinguer par la justesse, par la pénétration de son esprit et par la solidité de son jugement. Parmi ces questions, assez souvent épineuses et délicates, il en est plusieurs dont la solution lui est due : telles sont, notamment, celles qui concer-

nent l'organisation des sociétés anonymes formées pour l'exploitation des mines. Tout le Monde sait qu'une société anonyme ne

peut être fondée qu'en vertu d'une autorisation donnée par ordonnance royale, et que cette autorisation n'est accordée que lorsque les fondateurs

ont justifié de la réalisation d'un capital social suffisant pour faire face à leur entreprise.

Lorsque l'objet de l'entreprise est une mine

l'usage voulait que l'on en comprît la valeur vénale parmi toutes les valeurs qui concourent à former le capital social,