Annales des Mines (1846, série 4, volume 10) [Image 370]

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NOTICE NÉCROLOGIQUE

allemand comme ayant posé les véritables bases de la cristallographie. Le 8 avril 8i6, M. Brochant de Villiers fut reçu membre de l'Académie royale des sciences, en remplacement de Duhamel. Privée, par les événements de 1814 et de 1815, Rétablissement de rE"ele d" de tous les fruits de ses conquêtes, la France avait mines à Paris. perdu l'école pratique de Pesey ainsi que celle qui s'organisait à Geislautern. L'enseignement de l'art des mines était à peu près suspendu dans le royaume.

Pénétré de l'urgence de remplacer ces deux écoles , le gouvernement, par une ordonnance

royle, du 2 août 1,8 t 6, créa d'abord une école des mineurs à Saint-Etienne, département de la Loire.

Ensuite et par une autre ordonnance en date du 5 décembre même année, il rétablit à Paris l'école royale des mines que l'arrêt du conseil du 19 mars 1783 y avait instituée. M. Brochant de Villiers reprit dans cette dernière école ses fonctions de professeur. Traité abrégi: de

IE,a 1819

il fit, pour l'article cristallisation du

cristallographie' Dictionnaire des sciences naturelles, un traité abrégé de cristallographie. Cet ouvrage se divise en deux parties. La pre-

mière traite de la description géométrique des cristaux, la seconde des phénomènes de la cristallisation. En entrant en matière, M. Brochant de Villiers semble vouloir s'effacer lui-même et renvoyer à M. Haüy tout le mérite de son travail.

« C'est à ce savant illustre ( dit-il ) que nous sommes redevables de nos connaissances actuelles sur les cristaux , puisque les faits que » d'autres savants peuvent y avoir ajoutés n'ont

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SUR M. BROCHANT DE VILLIERS.

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été, pour la plupart, que le résultat des applications qu'ils ont faites des principes que lui seul a posés. Ainsi, tout ce qui va suivre ne sera pour ainsi dire qu'un précis de ses découvertes, ou

des conséquences qui nous ont paru en résulter » Dans cette appréciation de son ouvrage M. Brochant de Villiers n'était pas juste envers lui-même. Il a fait plus que d'exposer la théorie de son ulèbre devancier; il en a facilité beaucoup l'intelligence et l'usage par les développements qu'il y a joints. Il a rattaché d'ailleurs à cette théorie un mode de groupement et de description des cristaux dont l'idée mère n'est due qu'a lui seul. Par la longue expérience qu'il avait du professorat , il savait combien il est difficile de mentionner avec ordre et de décrire avec exactitude, sans tomber dans une prolixité fatigante, les formes diverses sous lesquelles se présentent les variétés', souvent très-nombreuses , d'une même espèce. Pour éviter à cet égard la confusion et pour

soulager la mémoire de ses auditeurs, il grou-

pait ces variétés en un certain nombre de catégories déduites des formes, en général très-simples, auxquelles tous les cristaux peuvent être rapportés quand on ne considère que leurs faces les plus étendues, et que l'on fait abstraction des facettes qui les modifient. Ces formes simples, que l'oeil peut toujours aisément discerner et qu'un seul mot rend perceptibles à l'esprit, il les nommaformes dominantes, parce qu'elles semblent avoir en effet dominé la cristallisation , et que les formes qu'affectent les cristaux