Annales des Mines (1841, série 3, volume 20) [Image 317]

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MÉMOTRE SUR LE5 EAUX CORROSIVES

nage du foyer et dans les conduits de flamme, en partie de l'adhérence des dépôts salins qui s'attachent aux parois et qu'on ne peut souvent enlever qu'avec le burin ; mais elle est due encore à une action chimique de l'eau de mer. M. Van Beck, dans un mémoire inséré dans les Annales de Physique et de Chimie, tome 64 , page 225, attribue cette action corrosive à l'oxygène de l'air en dissolution dans l'eau de la mer et considère les moyens de préservation comme inutiles dès que l'eau est en ébullition ; il donne cette opinion comme étant également celle de John Davy. Après avoir indiqué le zinc comme un très-bon moyen de préservation des chaudières de fer, il déclare que la préservation du fer n'est pas absolument nécessaire par le motif indiqué plus haut. La note suivante insérée dans l'ouvrage de Marestier sur les bateaux à vapeur d'Amérique fait voir que M. Faraday, en faisant des expériences sur l'eau de mer, avait été

conduit à donner une autre explication de l'action de

l'eau de mer je transcris ici ce passage Les chaudières peuvent rester 8 Ou 10 jours sans être nettoyées quand les eaux sont claires et qu'elles ne contiennent point de sels. M. Faraday qui a analysé l'eau de mer dans la vue de connaître son action sur les chaudières, a trouvé qxe l'eau de mer qui bouillait à environ 101° centésimaux et dont la pesanteur spécifique était égale à 1,0272, contenait 32k,298 de sels par mètre cube, savoir

lk,014 de sulfate de chaux qui commence à se précipiter à la température de 1020 quand la quantité d'eau était réduite à 299 litres. 25k ,785 de nzuriate de soude qui commence à cristalliser à 109° quand l'eau est réduite à 102 litres. 2k,214 de sulfate de magnésie. 3k,285 de nzuriate de magnésie. Ce dernier sel est celui qui réagit le plus sur les chaudières ; il commence à se décomposer à la température de 102.- lorsque la liqueur est réduite à 351i"es,5. Les 3k,285 contenus dans le mètre cube d'eau de mer sont composés de lk,145 de magnésie et 1k,14 d'acide. Si tout l'acide pouvait être séparé, il dissoudrait 1k,6 de fer et 3k,7 de cuivre, ce qui occasionnerait bientôt la destruction des chaudières.

L'acide peut être absorbé par l'addition de 1k,64 de

EMPLOYÉES DANS LES CHAUDIÈRES A VAPEUR. 625

chaux vive ou de 2k,78 de potasse, ou de 4k,1 de carbonate de potasse. Le dépôt de magnésie pèse 1k,145 , et celui de carbonate de magnésie 2k,43. Après avoir reconnu la nature des actions chimiques qui se passent dans les chaudières des machines de terre alimentées par des eaux corrosives, et avant d'avoir eu connaissance du passage que je viens de citer, j'avais été conduit à attribuer à des actions du même genre la destruction des chaudières en mer. Les analyses d'eau de mer n'indiquant dans leur composition aucune trace de sels

d'alumine ou de peroxyde de fer, c'est au chlorure de magnésium que j'avais dû attribuer son action corrosive; en effet ce sel, lorsqu'on évapore sa dissolution, ne peut

être obtenu anhydre; lorsqu'il est évaporé à siccité et qu'on le calcine, il en résulte un dégagement d'acide kydrochlorique et un résidu composé d'oxyde et d'un peu de chlorure. (Thénard , t. 3, page 418). Je pensais que sous l'action d'une température supérieure à 100., en présence du fer métallique et des sels en dissolution, la décomposition du chlorure de magnésium devait avoir lieu. J'ai été confirmé dans cette opinion en voyant du tartre formé dans les chaudières des bateaux à vapeur du Havre à Hambourg ; analyse que j'avais faite en 1839, dans

un tout autre but ; ce tartre renferme environ 7 p. 100 de magnésie libre , qui ne peut provenir que de la décomposition d'un sel de magnésie en dissolution dans l'eau de mer. Lorsque j'aurai à ma disposition les différents produits qui se forment dans ces chaudières, je pourrai làcilement résoudre cette question , en recherchant si l'eau concentrée renfermedu proto-chlorure de fer en dissolution. Si les chaudières de cuivre sont attaquées elles doivent donner des eaux concentrées chargées de chlorure de cuivre, et le tartre doit renfermer de la magnésie.. Le savant chimiste anglais propose, comme moyen préservatif, l'emploi de la chaux vive, de la potasse et du carbonate de potasse. On pourrait employer une dissolution de potasse ou un lait de chaux, en les introduisant au moyen d'une petite pompe accessoire menée par la

pompe alimentaire, en quantité proportionnelle à la

quantité d'eau injectée dans la chaudière. La chaux vive serait seule d'un emploi économique, mais elle aurait l'inconvénient d'engorger les tuyaux et probablement d'augmenter la masse du tartre. On ne pourrait pas lui