Annales des Mines (1841, série 3, volume 19) [Image 89]

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172 EXPLOSIONS DANS LES HAUTSFODRNEAUX

la coulée du soir. M. Lagard

propriétaire de l'usine, auquel j'avais fait part de ce que j'avais appris à la Cdrimune , voulut s'assurer si une obstruction s'était produite dans le fourneau, et en conséquence il le laissa se refroidir complétement et le mit hors feu. Voici comment les choses se sont passées , et quelle avait été l'allure du fourAllure du four- neau quelques jours avant l'accident. L'appareil à air chaud avait dû être répare; on neaupendant les cinq jours qui avait marché au vent froid pendant deux jours. out précédé l'acC'est trois jours après la reprise de l'air chaud que eident. l'événement est arrivé. Trente-six heures avant l'accident, les charges descendaient plus rapidement que d'habitude , et le jour même de l'explosion, qui eut lieu à 5 heures du soir , de iiheures du matin à une heure, le chargeur ne pouvait plus suivre la marche du fourneau ; il n'avait pas le temps de préparer la charge pendant que celle qu'il venait de jeter atteignait l'extrémité de la sonde. On dut l'aider, et l'on introduisit quatre nouvelles charges coup sur coup. Du reste, jus,

qu'au moment de la coulée, le fourneau fonctionna régulièrement. Pendant cette période de 36 heures , on fit aussi une modification à la charge. On porta à 5/6 en volume la proportion du bois torréfié, au lieu de 4/6 qu'on mettait aupa-

ravant, et l'on diminua proportionnellement la dose de charbon. Vers 4 heures 1/2 du soir, les gaz du gueulard étaient paisibles, leur souffle était faible.

Une minute avant l'explosion, une projection eut lieu à la tuyère (l'embrasure était restée toujours ouverte ); les gaz qui enveloppaient l'appareil à air chaud détonèrent, un courant de gaz sortit par la tympe. Alors les projections commencèrent au gueulard; les fusées se produisirent pen-

DU DÉPARTEMENT DES ARDENNES.

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dant deux minutes environ. Le fourneau fut presque entièrement vidé. En ce moment aussi , des flammes bleues sortirent par les lézardes et les interstices de la maçonnerie. Huit jours auparavant, avant la restauration de Phé"mnes ves avant la l'appareil à air chaud , une explosion avait eu heu sel restauration d, dans lesgaz de cet appareil , mais elle n'avait pas l'appareil air été suivie de projection au gueulard: On avait aussi chaud.

reconnu que des flammes bleues sortaient par les lézardes. On doit observer toutefois que la rapidité dans la descente des charges, ce calme des gaz du gueulard, enfin toutes ces irrégularités dans l'al-

lure sont assez fréquentes, et qu'elles n'avaient jamais été suivies d'accidents graves.

J'ai pu visiter l'intérieur du fourneau que j'ai

Examen,

la eieure

parcouru. sur toute sa hauteur. Les parois au-dessus PdaurL'rnntela.u.

de l'ouvrage étaient parfaitement lisses; aucune trace de matières adhérentes n'existait dans la cuve.

En un mot, le fourneau ne présentait que les altérations de tous les appareils de ce genre qui ont fonctionné pendant un temps plus ou moins long. Si donc une obstruction a eu lieu dans le fourneau de Fade, elle a dû être instantanée, et n'a pas eu pour origine un cordon de matières à demi. fondues, agglutinées contre la paroi de la cuve. Les circonstances clans lesquelles se trouvent les circonstanceç deux fourneaux de la Commune et de Fade sont ildesegnutietess dans

identiques; tous deux fondent des ruinerais en trouvent grains extrêmement fins, très-facilement fusibles fc'ou,"inuri.'edele',1

et rendant environ 40 p. o/o de fonte ; tous deux de Fade.

emploient comme combustible un mélange de charbon et de bois torréfié, que j'appellerai plutôt du bois sec, car il est rare qu'il perde, par suite de la torréfaction, plus des 3ocentièmes de son poids. La proportion de bois s'élève souvent jusqu'aux

5/6 du volume total du combustible introduit.